EnvironnementBiodiversité et écosystèmes

Entreprise et biodiversité : pourquoi et comment mettre en place un plan d’action ?

Dirigeants de PME, découvrez pourquoi et comment élaborer un plan d’action biodiversité : analyse de chaîne de valeur, dialogue parties prenantes et actions concrètes alignées sur SBTN/TNFD.

Doddee
Doddee
1 septembre 2025 · 12 min de lecture
Planter des arbres pour la biodiversité : une action concrète de RSE et d’économie circulaire
Dans cet article

La biodiversité est au cœur des écosystèmes dont dépendent toutes les entreprises, même si cela peut paraître abstrait. Une perte de biodiversité se traduit par des matières premières plus coûteuses, des réglementations plus strictes et des risques de réputation accrus. Pourtant, nombreuses sont les petites et moyennes entreprises qui ignorent encore comment agir concrètement pour protéger la nature.

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Dans cet article, vous découvrirez pourquoi un plan d’action biodiversité est indispensable à la résilience de votre entreprise, comment l’aligner sur les cadres SBTN (Science‑Based Targets for Nature) et TNFD (Taskforce on Nature‑related Financial Disclosures), et quelles actions simples peuvent avoir un impact immédiat.

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Toutes les entreprises, même celles du secteur tertiaire, dépendent de la biodiversité : directement via leurs approvisionnements en matières premières, ou indirectement grâce aux services écosystémiques qui soutiennent notre bien-être. Mais si les activités humaines reposent sur ces services, elles participent aussi à la dégradation de la biodiversité.

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Prêts à devenir des acteurs d’une économie plus respectueuse de la biodiversité ?

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Les 5 grandes causes de disparition de la biodiversité

L’IPBES, un organisme international qui fait référence sur la biodiversité, a identifié cinq grandes menaces qui fragilisent la nature. Les comprendre, c’est déjà un premier pas pour agir.

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  • La transformation des terres et des mers : quand on déboise, qu’on bétonne ou qu’on détruit les habitats naturels, les espèces animales et végétales perdent leur habitat.
  • La surexploitation des ressources : pêcher plus vite que les poissons ne se reproduisent, cultiver intensivement, extraire sans limite… tout cela épuise les milieux naturels.
  • Le changement climatique : la hausse des températures, les sécheresses ou encore la montée des océans bouleversent les équilibres des écosystèmes.
  • Les pollutions : plastiques, pesticides, rejets chimiques ou polluants dans l’air et dans l’eau empoisonnent la faune et la flore.
  • Les espèces invasives : certaines espèces introduites par l’homme se développent au détriment des espèces locales, jusqu’à parfois les faire disparaître.

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👉 Face à cette réalité, les entreprises ne sont pas spectatrices : elles peuvent réduire leurs impacts et contribuer à préserver la biodiversité. Les pouvoirs publics comme les organisations internationales les encouragent d’ailleurs à s’engager dans cette voie.

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Ce que prévoit la réglementation

La protection de la biodiversité n’est plus seulement un sujet scientifique ou militant, elle fait désormais l’objet d’engagements mondiaux. Lors de la COP15, les pays ont adopté un cadre commun avec des objectifs ambitieux d’ici 2030 :

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  • Protéger 30 % des terres, mers, lacs et zones côtières de la planète.
  • Restaurer 30 % des écosystèmes déjà dégradés.
  • Réduire de moitié les risques liés à l’usage des pesticides.
  • Couper par deux le gaspillage alimentaire.
  • Mobiliser 200 milliards de dollars par an pour financer la préservation de la biodiversité.

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En parallèle, l’Europe avance avec la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). Celle-ci obligera progressivement toutes les entreprises, petites et grandes, à rendre compte de leurs impacts sur la biodiversité, à expliquer ce qu’elles font concrètement et à montrer leurs progrès dans le temps.

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👉 Autrement dit, il ne s’agit plus d’une option : en tant qu'entreprise, vous avez tout intérêt à anticiper dès maintenant pour être prêt… et montrer que vous faites partie de la solution.

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Les bénéfices d’une démarche biodiversité

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Des décisions éclairées et alignées sur la science

Mettre en œuvre un plan d’action biodiversité oblige à collecter des données sur vos activités et à analyser votre chaîne de valeur pour comprendre vos impacts sur la nature. C’est la première étape recommandée par le Science‑Based Targets Network (SBTN), qui conseille aux entreprises de cartographier leurs activités et de quantifier les pressions sur la biodiversité.

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Cette analyse vous permet de fonder vos décisions sur des éléments tangibles et d’orienter votre stratégie selon les priorités identifiées (matières premières critiques, sites sensibles, etc.).

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Création de valeur et réduction des coûts

Un plan d’action biodiversité génère des économies en réduisant les gaspillages et en évitant les erreurs. Les actions telles que la réduction des déchets, le choix de fournisseurs responsables ou l’optimisation des espaces verts permettent d’économiser de l’énergie, d’améliorer l’efficacité logistique et de renforcer votre marque.

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Ces initiatives contribuent aussi à prévenir les crises (pénuries, opposition locale) et à maintenir la confiance de vos clients.

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Avantage concurrentiel et image de marque

Les consommateurs et investisseurs plébiscitent les entreprises qui protègent la biodiversité. En adoptant des objectifs alignés sur les cadres SBTN et TNFD, vous montrez que vous ne vous limitez pas à la conformité réglementaire : vous agissez concrètement pour restaurer et préserver les écosystèmes. Votre entreprise devient plus attractive pour les talents, les partenaires financiers et les collectivités.

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Motivation et engagement interne

Impliquer vos collaborateurs dans des actions concrètes (plantation de haies, suppression de plastiques, refuges pour pollinisateurs) crée un sentiment de fierté et renforce la cohésion interne. Les salariés voient leurs efforts se traduire par des résultats visibles et mesurables, ce qui renforce l’adhésion à la démarche.

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Santé publique et extinction du vivant

La perte de biodiversité a des impacts directs sur la santé. Selon l’OMS, jusqu’à 25 % des maladies dans le monde sont liées à un environnement dégradé. En France, la pollution de l’air cause40 000 décès prématurés par an et environ 1 500 cancers du poumon . L’Inserm a aussi confirmé un lien entre l’exposition aux pesticides et plusieurs cancers (prostate, lymphome, myélome) ainsi qu’un sur-risque de leucémies chez les enfants.

Enfin, l’IPBES estime que 75 % des maladies infectieuses émergentes sont des zoonoses liées à la destruction des habitats naturels. Préserver la biodiversité, c’est donc aussi protéger la santé humaine et prévenir de futures crises sanitaires.

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Mais l’enjeu dépasse la santé humaine : nous vivons aujourd’hui une véritable crise d’extinction du vivant. L’IPBES estime qu’environ 1 million d’espèces animales et végétales sont menacées de disparition à court ou moyen terme. L’activité humaine a déjà transformé 75 % des terres et 66 % des zones océaniques, réduisant la capacité des écosystèmes à se régénérer et à nous protéger. Cette perte touche des espèces emblématiques, mais aussi des organismes essentiels à notre quotidien. Les pollinisateurs, par exemple, sont indispensables à notre alimentation : 75 % des grandes cultures en dépendent au moins partiellement, pour une valeur économique estimée entre 235 et 577 milliards de dollars par an.

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Enfin, l’extinction du vivant accentue aussi le risque sanitaire : en perturbant les équilibres naturels, l’humain favorise l’émergence de nouvelles maladies. On estime qu’environ 70 % des maladies émergentes chez l’homme proviennent du monde animal, un phénomène directement lié à la destruction des écosystèmes.

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👉 À retenir : protéger la biodiversité, c’est protéger notre santé (moins de cancers, d’AVC, d’asthmes…), réduire le risque de pandémies et assurer la sécurité alimentaire des générations futures.

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Retours d’expérience français

Pour illustrer ces bénéfices, voici trois exemples de PME françaises engagées dans des plans d’action biodiversité. Ces expériences montrent qu’il est possible de concilier activité économique et respect du vivant.

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  • CEMEX France (matériaux de construction) : l’entreprise a mis en place un plan d’action 2021‑2023 visant à déployer des plans de gestion de la biodiversité sur 70 % de ses carrières. Elle a installé des haies, prairies fleuries et aménagements dédiés aux pollinisateurs sur toutes ses unités de production de béton et a développé un programme en faveur des pollinisateurs. Cet industriel démontre qu’une démarche biodiversité peut cohabiter avec un secteur à forte empreinte. L’intégration de la biodiversité dans sa stratégie d’économie circulaire et dans son plan de réduction des émissions renforce sa performance globale.
  • Pocheco (fabrication d’enveloppes) : cette PME produit des enveloppes à empreinte carbone réduite grâce à la plantation de plus de trois millions d’arbres en trente ans, à l’utilisation d’encres et de colles non toxiques, à des emballages consignés et réutilisables et à sa propre production d’énergie solaire. L’entreprise vise le zéro déchet, zéro fossile et zéro plastique. Elle a obtenu une quadruple certification ISO (9001, 14001, 45001, 50001) et partage ses bonnes pratiques avec ses visiteurs.
  • Les Vignerons de Buzet (coopérative viticole) : cette coopérative cultive ses vignes sur des sols vivants sans engrais chimiques ni insecticides toxiques pour les abeilles. Elle a obtenu la certification Haute Valeur Environnementale (HVE) pour 95 % du vignoble et est labellisée Bee Friendly et Agriculture Biologique. La coopérative a également replanté 1,5 km de haies pour créer des corridors écologiques et réduire l’usage des pesticides. Ce cas montre qu’il est possible de concilier production viticole, protection des pollinisateurs et agroforesterie. Les labels HVE et Bee Friendly facilitent la valorisation auprès des consommateurs et constituent un avantage concurrentiel.

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Ces retours d’expérience démontrent que chaque secteur peut adapter son plan d’action en fonction de ses activités. L’important est de mesurer ses impacts, d’impliquer ses parties prenantes et de traduire la stratégie en actions concrètes.

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Exemples et pistes d’actions générales

Au lieu de se limiter à quelques idées générales, cette partie met en avant des actions concrètes qui constituent un premier pas pour les PME. Ces initiatives peuvent ensuite être étoffées par des mesures plus ambitieuses, selon les objectifs de votre plan d’action.

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Collecte de données et analyse de la chaîne de valeur

Selon le SBTN, la première étape consiste à évaluer vos impacts sur la nature et à cartographier vos activités et votre chaîne de valeur pour quantifier les pressions sur la biodiversité. Recensez vos matières premières, vos flux de déchets, vos prélèvements d’eau et d’énergie, ainsi que l’origine de vos produits. Utilisez des outils comme ENCOREpour visualiser l’impact de vos activités et identifier les leviers prioritaires.

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Engagement des parties prenantes

Associez vos fournisseurs, clients, salariés et partenaires locaux dès le départ.

‍Posez des questions simples : d’où viennent nos matières ? Quels sont nos principaux déchets ? Utilisons‑nous des ressources naturelles ? Ce dialogue révèle des points aveugles et renforce l’adhésion. Des ateliers de co‑construction et des indicateurs partagés encouragent le passage à l’action.

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Quick Wins pour agir dès maintenant

Pour amorcer rapidement votre démarche biodiversité, misez sur des actions simples mais significatives :

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  • Audit des déchets et substitution des plastiques : identifiez les plastiques à usage unique et remplacez-les par des alternatives recyclables ou réutilisables ;
  • Réduction et meilleure gestion des déchets : optimisez vos flux via le recyclage et la réduction des emballages ;
  • Adoption de fournisseurs certifiés : privilégiez des partenaires disposant de labels comme FSC, Bee Friendly, HVE ou Agriculture Biologique pour limiter l’impact de votre chaîne d’approvisionnement ;
  • Création d’espaces verts : installez des toits végétalisés, haies, prairies fleuries, nichoirs ou hôtels à insectes afin de restaurer des habitats et valoriser vos sites ;
  • Promotion de la mobilité douce : encouragez l'utilisation de vélos, le covoiturage ou privilégiez une flotte de véhicules électriques ;
  • Organisation d’ateliers de sensibilisation : mobilisez vos équipes grâce à des ateliers nature, des journées de bénévolat ou le MOOC « Entreprises et biodiversité » (9 heures de formation pour stimuler l’action collective) ;
  • Utilisation d’outils d’évaluation : appuyez-vous sur ENCORE ou le diagnostic « Diag Biodiversité » de Bpifrance et de l’OFB (pris en charge à 40 % sous conditions d’éligibilité).

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👉 Ces quick wins améliorent immédiatement l’empreinte écologique de votre entreprise, génèrent des économies, fédèrent vos équipes et créent un élan interne durable.

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Résultats attendus et impact potentiel

Indicateurs de performance

Des indicateurs quantifiables permettent de mesurer l’efficacité de votre plan : tonnage de déchets réduits ou recyclés, pourcentage de fournisseurs certifiés durables, surface d’espaces verts créée, nombre de collaborateurs formés, etc. Le cadre SBTN insiste sur la nécessité de mesurer une baseline et de suivre les progrès via des KPIs.

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Retour sur investissement tangible

Les entreprises qui développent un plan biodiversité observent généralement une réduction des coûts énergétiques, une amélioration de l’efficacité logistique et une diminution des litiges. Les initiatives nature augmentent également l’attractivité des sites et soutiennent la satisfaction des clients.

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Impact sociétal positif et effet de réseau

La restauration des habitats et la régénération des sols améliorent la qualité de l’air et de l’eau pour les communautés locales. En dialoguant avec vos parties prenantes et en impliquant vos fournisseurs, vous impulsez une dynamique vertueuse dans votre secteur : vos partenaires sont incités à adopter des pratiques respectueuses de la nature, amplifiant votre impact positif.

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Comment lancer votre plan d'action ?

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👉 Avant de définir un plan d’action, il est fortement recommandé de commencer par un Diagnostic Biodiversité. pour cela, nous vous invitons à lire notre article dédié.

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Étape 1 : Déterminez vos enjeux prioritaires

Une fois votre diagnostic réalisé, il est essentiel de transformer ces résultats en une liste claire de priorités. Pour chaque facteur d’érosion de la biodiversité identifié (pollution, surexploitation, déforestation, artificialisation des sols, etc.), interrogez-vous sur trois dimensions clés :

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  • L’importance de l’impact sur votre activité : dépendance à certaines ressources, vulnérabilité de votre chaîne d’approvisionnement ou exposition à des réglementations futures.
  • Les risques et opportunités associés : risque de pénuries, hausse des coûts, pression des consommateurs, mais aussi opportunités d’innovation, d’accès à de nouveaux marchés ou de différenciation.
  • Les attentes de vos parties prenantes : clients en quête de produits responsables, salariés motivés par une démarche durable ou riverains préoccupés par l’impact environnemental de vos activités.

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Cette analyse croisée vous permet d’établir une short-list d’enjeux prioritaires, classés à la fois par leur impact sur la biodiversité et par leur poids stratégique pour l’entreprise. Par exemple, si votre diagnostic révèle une forte dépendance à des matières premières issues de zones de déforestation, l’un de vos enjeux prioritaires sera d’identifier des alternatives durables et certifiées.

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Etapes 2 : Fixez des objectifs clairs (SMART)

Une fois vos enjeux prioritaires identifiés, transformez-les en objectifs concrets et atteignables. La méthode SMART est particulièrement adaptée : vos objectifs doivent être Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes et Temporels.

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L’idée est de passer d’une intention générale à une cible précise. Par exemple, plutôt que d’affirmer « réduire l’impact environnemental de nos achats », fixez un objectif chiffré tel que : « atteindre 100 % de matières premières certifiées (FSC, bio, etc.) dans les 18 mois ».

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Si certains indicateurs sont sensibles, vous pouvez garder les valeurs cibles exactes en interne et communiquer publiquement une fourchette (par exemple « réduire de 15 à 25 % l’usage de matières premières non durables »). L’essentiel est de définir 1 à 3 objectifs clairs par enjeu afin de concentrer vos efforts sur des actions prioritaires et mesurables

Etape 3 : Élaborez la feuille de route

Pour transformer vos objectifs en résultats concrets, établissez une feuille de route opérationnelle sur 6 à 12 mois, jalonnée d’étapes claires. Par exemple :

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  • Mois 3 : identifier et sélectionner des fournisseurs alternatifs plus durables ;
  • Mois 6 : négocier et signer de nouveaux contrats responsables ;
  • Mois 9 : lancer les premiers aménagements écologiques sur site (toits végétalisés, haies, zones refuges).

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Chaque action doit avoir un responsable désigné (responsable RSE, chef de projet, direction achats…) et faire l’objet d’un suivi régulier via des points d’avancement planifiés.

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Pour piloter efficacement, appuyez-vous sur des indicateurs de performance (KPI) adaptés : % de volumes certifiés, nombre de sites dotés d’un plan de gestion écologique, m³ d’eau économisés, etc. Utilisez des outils simples comme un tableau RACI (qui fait quoi) ou un tableau de bord mensuel ou trimestriel pour garder une vision d’ensemble.

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Exemple de tableau RACI

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👉 Le tableau RACI est un outil simple qui clarifie les rôles et responsabilités dans la mise en place d’un plan biodiversité. Chaque tâche clé (diagnostic, fixation des objectifs, aménagements, formation, suivi) est associée à quatre niveaux d’implication :

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  • R (Responsable) : la personne qui réalise l’action,
  • A (Approbateur) : celle qui valide et rend des comptes,
  • C (Consulté) : les parties prenantes à impliquer,
  • I (Informé) : les acteurs à tenir au courant.

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Cet outil évite les confusions, assure un suivi efficace et facilite la collaboration entre la direction, le responsable RSE, les équipes opérationnelles et les achats.

Enfin, distinguez vos communications : une version publique, transparente mais synthétique (objectifs et progrès agrégés), et une version interne, plus détaillée et chiffrée, pour orienter vos décisions et ajuster vos ressources.

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Après avoir réalisé toutes ces étapes pour la mise en place de votre plan d'action biodiversité, nous vous conseillons également de suivre les étapes suivantes pour aller encore plus loin dans votre démarche Biodiversité :

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1. Fixer des objectifs avec SBTN & TNFD

Pour donner de la crédibilité et de la cohérence à votre démarche, appuyez-vous sur deux référentiels internationaux complémentaires :

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  • SBTN (Science-Based Targets Network) : il fournit une méthode scientifique pour fixer des objectifs clairs visant à réduire vos pressions sur la nature et restaurer les écosystèmes. Le processus se déroule en cinq étapes : Évaluer vos impacts, Interpréter & Prioriser vos enjeux, Mesurer vos dépendances et pressions, Agir avec des actions ciblées, puis Suivre vos progrès dans le temps.
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  • ‍TNFD (Taskforce on Nature-related Financial Disclosures) : il aide les entreprises à gérer et communiquer sur leurs risques liés à la nature. Son approche LEAP (Localiser, Évaluer, Analyser, Préparer) guide les organisations pour cartographier leurs dépendances, identifier les risques/opportunités et structurer leur réponse. Le cadre recommande de s’organiser autour de quatre piliers : gouvernance, stratégie, gestion des risques et impacts, indicateurs & objectifs.

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En pratique, les deux cadres sont complémentaires : le SBTN vous aide à définir vos cibles et vos actions, tandis que le TNFD structure votre gouvernance, votre analyse des risques et votre communication auprès des parties prenantes. Ensemble, ils vous permettent de bâtir une stratégie robuste, alignée sur la science et reconnue par les investisseurs et régulateurs.

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2. Mettre en œuvre des actions prioritaires

Commencez par des actions à fort impact : réduire vos déchets (tri, réemploi), privilégier des achats certifiés (FSC, bio), aménager vos sites pour accueillir la biodiversité (toits végétalisés, haies, refuges), éco-concevoir vos produits, mieux gérer l’eau et former vos équipes.

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L’essentiel est d’aligner chaque mesure avec les enjeux identifiés dans votre diagnostic. Ainsi, vous obtenez des bénéfices à court terme (réduction des coûts, mobilisation des équipes), à moyen terme (image de marque, partenariats renforcés) et à long terme (résilience et régénération des écosystèmes).

3. Suivre, communiquer, ajuster

Au moins une fois par an, évaluez vos avancées : mesurez vos résultats, revoyez vos objectifs et ajustez vos moyens si nécessaire. Communiquez vos progrès via vos rapports RSE/CSRD, vos notes d’avancement ou vos réseaux, en vous appuyant sur les indicateurs SBTN/TNFD.

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Enfin, adoptez une logique d’amélioration continue : capitalisez sur ce qui fonctionne, corrigez vos échecs et mettez régulièrement à jour votre feuille de route.

Financements et accompagnements

Plusieurs programmes d’accompagnement et de financement existent pour les entreprises françaises :

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  • Diag Biodiversité Bpifrance‑OFB : Bpifrance, avec l’appui de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), propose un diagnostic pour aider les entreprises à intégrer la biodiversité. Le dispositif cible près de 300 PME et inclut l’accompagnement d’un expert agréé pendant 3 à 6 mois pour sensibiliser les équipes, conduire une analyse de matérialité de la chaîne de valeur et définir un premier plan d’action. Ce diagnostic est pris en charge à 40 % par l’OFB (sous conditions d’éligibilité) ;
  • MOOC “Entreprises et biodiversité” : la LPO et le Mouvement des entreprises de France, avec le soutien de l’OFB, proposent un MOOC gratuit d’environ 9 heures pour inciter les participants à mettre en place des actions collectives. Il est accessible à tous les professionnels et fournit des outils pratiques (vidéos, fiches, exercices) pour comprendre les risques, imaginer des solutions et agir à l’échelle de son site ;
  • Subventions et prêts verts : l’ADEME et les Régions proposent des subventions pour la végétalisation des toits, la restauration des sols ou les audits environnementaux. Bpifrance propose également des prêts verts pour financer des projets de transition écologique. Renseignez-vous auprès de votre direction régionale.

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Conclusion

La biodiversité n’est pas seulement une contrainte réglementaire : c’est un levier de résilience, d’innovation et d’attractivité. En élaborant un plan d’action biodiversité, vous transformez une obligation en opportunité : vous identifiez vos impacts, dialoguez avec vos parties prenantes et choisissez des actions qui créent de la valeur.

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Les cadres SBTN et TNFD fournissent des fondations scientifiques solides pour fixer des objectifs et suivre vos progrès. Leur complémentarité l’un prescriptif et orienté action, l’autre dédié à la gestion des risques et à la transparence vous permet de hiérarchiser vos actions, de prioriser les lieux et de définir un calendrier clair.

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Des entreprises françaises comme CEMEX France, Pocheco et Les Vignerons de Buzet prouvent que l’on peut concilier rentabilité et respect du vivant. Des outils comme le Diag Biodiversité et des formations comme le MOOC “Entreprises et biodiversité” facilitent la mise en œuvre et l’accès aux financements.

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Ce que votre entreprise y gagne

  • Résilience
  • Réduction des risques
  • Accès à de nouveaux marchés

Ce que la société y gagne

  • Protection des écosystèmes
  • Santé publique
  • Biodiversité

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Crédits

Questions fréquentes

Les réponses courtes aux questions que l'on se pose le plus sur ce sujet.

Pourquoi un plan d’action biodiversité est-il différent d’un plan RSE classique ?
La RSE couvre l’ensemble des aspects environnementaux, sociaux et sociétaux. Un plan biodiversité se concentre sur la protection de la nature et des écosystèmes. Il va au‑delà du climat et des déchets pour aborder la qualité des sols, des habitats et des espèces. Cette spécificité permet d’anticiper les cadres SBTN et TNFD et d’identifier des actions pertinentes.
Quelles sont les premières étapes pour élaborer un plan d’action biodiversité ?
Commencez par collecter des données sur vos activités et réaliser une analyse de matérialité (impacts, dépendances, risques, opportunités). Impliquez vos parties prenantes dès le départ et identifiez des Quick Wins pour engager la démarche. Inspirez-vous du processus en cinq étapes du SBTN. 👉 Le logiciel Doddee peut simplifier chacune de ces étapes et rendre votre démarche RSE plus accessible et efficace.
Quels labels ou certifications privilégier ?
Selon votre secteur, choisissez des labels reconnus : FSC pour le bois et le papier, HVE ou Agriculture Biologique pour l’agroalimentaire, Bee Friendly pour la protection des pollinisateurs ou MSC pour les produits de la mer. Ces certifications crédibilisent votre démarche auprès des clients et partenaires.
Comment mesurer et suivre l’empreinte biodiversité de notre PME ?
Utilisez des outils de diagnostic (ENCORE, Diag Biodiversité), fixez des indicateurs (tonnes de déchets, surface d’espaces verts, fournisseurs certifiés) et suivez l’évolution de ces indicateurs. Le cadre TNFD propose des recommandations de divulgation autour des quatre piliers gouvernance, stratégie, risques et indicateurs. Publiez vos progrès dans votre rapport RSE ou sur votre site.
Quels pièges éviter pour rester crédible ?
Faites attention au greenwashing : planter quelques arbres n’est pas suffisant. Basez votre démarche sur une analyse scientifique et définissez des objectifs mesurables. Évitez les actions isolées sans stratégie globale et assurez-vous que vos communications reflètent la réalité. Impliquez vos partenaires et vos équipes pour garantir la transparence.

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