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Combien d'énergie consomment vos locaux ? Le chiffre est déjà dans vos factures

Pas besoin d'audit pour connaître votre consommation annuelle. Douze factures, une unité commune, un tableau par site. Et une déclaration obligatoire que beaucoup d'entreprises ignorent.

Doddee
Doddee
18 septembre 2026
Tableau électrique ouvert, avec sa rangée de disjoncteurs et son bornier de raccordement
Dans cet article

Votre bailleur vous demande vos relevés de consommation. Ou un client vous demande vos kilowattheures dans un questionnaire. Ou vous voulez simplement savoir où part l'argent, parce que la facture a augmenté et que personne ne sait dire de combien exactement.

Bonne nouvelle : vous n'avez besoin ni d'un audit, ni d'un consultant, ni d'un capteur. Le chiffre existe déjà, éparpillé entre douze factures et deux ou trois relevés de charges. Le rassembler prend une demi-journée. Voici où chercher, et le piège qui fausse le résultat une fois sur deux.

Le chiffre existe déjà : où il se trouve

Ce que vous cherchez s'appelle votre consommation d'énergie finale : la somme, sur une année civile, de toute l'énergie que vous avez achetée et consommée, exprimée en kilowattheures. C'est l'énergie qui entre chez vous, celle que vos factures facturent, par opposition à l'énergie primaire qui ajoute les pertes de production et d'acheminement.

ÉnergieOù trouver la donnéeUnité sur le documentCe qui manque souvent
ÉlectricitéFactures du fournisseur, ou espace client en lignekWhLes compteurs secondaires et les sites de petite taille oubliés
Gaz naturelFactures du fournisseurkWh, avec le coefficient de conversion impriméRien, c'est la donnée la plus propre
Fioul, propane, boisBons de livraison du fournisseurLitres, kilos, stèresLa conversion en kWh, et le stock restant en cuve en fin d'année
Réseau de chaleur ou de froidFacture du gestionnaire de réseau, ou relevé de chargeskWh ou MWhLa quote-part quand plusieurs occupants partagent le réseau
Carburants des véhicules, à compter à partRelevés de cartes carburant, notes de fraisLitresLes pleins payés de leur poche par les salariés et remboursés
Cinq sources, une seule unité d'arrivée : le kilowattheure. Les coefficients de conversion officiels sont publiés par l'administration : utilisez-les, ne les improvisez pas.

Un seul format suffit : une ligne par site et par énergie, une colonne par année. Ne cherchez pas le détail mensuel au premier passage, il n'apporte rien tant que vous n'avez pas le total.

Si vous ne savez pas encore quels sujets prioriser au-delà de l'énergie, le check-up RSE pose dix questions et dure cinq minutes, dans l'interface réelle du logiciel.

Le piège du périmètre

C'est ici que la moitié des relevés déraillent, et l'erreur est toujours la même : compter ce qu'on paie directement, et oublier le reste.

Les locaux loués

Si votre énergie est incluse dans vos charges, elle n'apparaît sur aucune facture à votre nom. Elle figure sur le décompte annuel de charges, souvent sous forme de quote-part. Demandez à votre bailleur les consommations réelles du bâtiment et votre clé de répartition : c'est une demande légitime, et elle est devenue courante.

Les petits sites

Un dépôt, un local commercial, un bureau détaché. Chacun pèse peu, l'ensemble pèse. Faites la liste de vos adresses avant de faire la liste de vos factures, pas l'inverse.

Le stock en cuve

Pour le fioul et le propane, ce que vous avez acheté dans l'année n'est pas ce que vous avez consommé. Relevez le niveau de cuve au 31 décembre, et faites-le chaque année à la même date. Sans ça, votre courbe reflétera votre calendrier de commandes, pas votre consommation.

Les véhicules

Question de convention : les carburants entrent-ils dans votre total ? Les deux choix se défendent, à condition de trancher une fois pour toutes et de l'écrire. Le plus lisible est de suivre deux totaux distincts, bâtiments d'un côté, flotte de l'autre, puisque les leviers d'action n'ont rien à voir.

Le décret tertiaire : êtes-vous concerné ?

Le test tient en une question : l'un de vos bâtiments abrite-t-il des activités tertiaires sur au moins 1 000 mètres carrés de surface de plancher ? Si oui, vous êtes concerné, quelle que soit la taille de votre entreprise. Si non, la suite de cette section ne vous concerne pas, mais la méthode de relevé ci-dessus reste valable.

Beaucoup d'entreprises découvrent cette obligation par leur bailleur, avec plusieurs années de retard.

Le décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 s'applique aux bâtiments, parties de bâtiments ou ensembles de bâtiments hébergeant des activités tertiaires sur une surface de plancher d'au moins 1 000 mètres carrés. Point important : le seuil s'apprécie par bâtiment, pas par entreprise. Une structure de vingt personnes installée dans un grand entrepôt peut être assujettie, une structure de cent personnes répartie sur cinq petits locaux peut ne pas l'être.

ÉchéanceObjectif de réductionPar rapport à quoi
203040 %Une année de référence choisie par l'assujetti, qui ne peut être antérieure à 2010
204050 %La même année de référence
205060 %La même année de référence
Une alternative existe : atteindre un niveau de consommation exprimé en valeur absolue, fixé par arrêté selon le type d'activité.

L'obligation pèse à la fois sur le propriétaire et sur l'occupant, ce qui explique la fréquence des désaccords. La déclaration annuelle des consommations se fait sur la plateforme OPERAT, opérée par l'ADEME, au plus tard le 30 septembre pour l'année précédente.

Le choix de l'année de référence n'est pas anodin : c'est lui qui fixe la pente à tenir pendant vingt-cinq ans. Il suppose de disposer de consommations anciennes et fiables, ce qui ramène au point de départ de cet article.

Ce que ce chiffre ne dit pas

Un chiffre annuel est une donnée, pas un diagnostic. Trois précautions avant de l'afficher où que ce soit.

Un total en kWh ne dit pas si vous consommez trop. Sans surface, sans effectif, sans volume produit et sans rigueur de l'hiver, le chiffre brut ne se compare à rien. Les indicateurs qui parlent sont des ratios : kWh par mètre carré, par salarié ou par unité produite.

Un total en kWh n'est pas non plus un bilan carbone. Convertir des kilowattheures en équivalent CO2 suppose des facteurs d'émission, une méthode reconnue et un périmètre bien plus large que l'énergie. Le calcul se fait avec un outil dédié ou avec un expert. Votre relevé énergétique en est une donnée d'entrée, pas un substitut.

Enfin, une baisse de consommation n'est pas toujours une bonne nouvelle : un site fermé la moitié de l'année, une activité en repli ou un hiver doux produisent le même effet qu'une action d'économie. Notez à côté de vos chiffres ce qui a changé dans l'année. C'est cette note, deux lignes, qui vous évitera de vous féliciter d'une baisse que vous n'avez pas provoquée.

Ce qu'on en fait : régler avant d'investir

Une fois le tableau rempli, un site ressort presque toujours en tête. C'est par lui qu'on commence, et dans cet ordre.

  1. Régler. Températures de consigne, programmation horaire, extinction des équipements et de l'éclairage hors présence. Coût proche de zéro, effet immédiat, et cela révèle souvent des aberrations que personne n'avait vues.
  2. Entretenir. Un équipement de chauffage ou de froid mal entretenu consomme davantage et tombe en panne plus tôt. Le contrat d'entretien existe déjà la plupart du temps : vérifiez qu'il est exécuté.
  3. Remplacer. L'éclairage, puis les équipements les plus énergivores, quand leur fin de vie arrive ou quand le calcul est sans appel.
  4. Rénover. Isolation, menuiseries, système de chauffage. C'est là que l'audit énergétique et les dispositifs d'aide prennent leur sens, et pas avant.

Ces actions se tiennent dans un plan d'actions avec un responsable, une échéance et un statut. Un objectif énergétique sans plan d'actions reste un chiffre, et un plan d'actions sans chiffre de départ ne se mesure pas.

Suivre le chiffre d'une année sur l'autre

La difficulté n'est pas de faire ce relevé une fois. C'est de le refaire l'année suivante avec la même méthode, le même périmètre et les mêmes conventions, et de pouvoir expliquer l'écart.

Doddee est le logiciel sur lequel une entreprise tient sa démarche RSE sans service dédié : les indicateurs attendus y sont déjà posés, et vous n'entrez chaque donnée qu'une fois. Dans Doddee, la consommation d'énergie finale totale est un indicateur en mode calculé : vous saisissez vos consommations par vecteur, électricité, gaz, fioul, carburants, réseau de chaleur, et le total se construit à partir de ces points de données sources. Ces sources sont réutilisables : la même consommation d'électricité peut alimenter votre total d'énergie et un ratio par mètre carré, saisie une seule fois. Chaque indicateur porte son unité, sa fréquence et son objectif chiffré, ce qui rend l'écart à l'objectif lisible sans calcul supplémentaire.

Si le ratio dont vous avez besoin n'existe pas au catalogue, vous créez le vôtre : vos propres sources, votre propre formule, du type consommation divisée par surface.

Les pièces qui justifient les chiffres, factures, décomptes de charges, attestation annuelle de déclaration, se rattachent à l'action qu'elles documentent plutôt que de vivre dans une boîte mail : c'est le rôle des justificatifs. L'année suivante, la question n'est plus de retrouver les chiffres mais de les commenter, ce qui est un tout autre confort au moment de produire un reporting RSE.

Pour voir ce que cela donne sur vos propres sites, l'essai autonome ouvre un espace complet pendant 14 jours, sans carte bancaire : créer mon espace d'essai. Au terme des 14 jours, l'espace passe en lecture seule et l'activation est faite par l'équipe. Si vous préférez qu'on vous montre d'abord, réservez une démo.

Le relevé à faire ce mois-ci

Ouvrez un tableau. Une ligne par adresse, une colonne par énergie. Remplissez ce que vous avez, laissez vide ce que vous n'avez pas.

Les cases vides sont le vrai livrable de l'exercice. Chacune correspond à un appel à passer : à votre bailleur, à votre fournisseur, à la personne qui range les bons de livraison. Comptez-les.

C'est le nombre d'appels qui vous sépare de votre premier chiffre annuel.

Ce que votre entreprise y gagne

  • Compétitivité
  • Gouvernance
  • Productivité

Ce que la société y gagne

  • Réduction des émissions
  • Sensibilisation interne

Sources

Décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 relatif aux obligations d'actions de réduction de la consommation d'énergie finale dans des bâtiments à usage tertiaire : seuil de 1 000 mètres carrés de surface de plancher, objectifs de réduction de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à une année de référence qui ne peut être antérieure à 2010.

Plateforme OPERAT, opérée par l'ADEME : déclaration annuelle des consommations d'énergie des bâtiments tertiaires assujettis, au plus tard le 30 septembre pour l'année précédente.

Code de la construction et de l'habitation, article L174-1 : fondement législatif du dispositif de réduction de la consommation d'énergie des bâtiments tertiaires.

Crédits

Photo de Mark Kats sur Unsplash

Questions fréquentes

Les réponses courtes aux questions que l'on se pose le plus sur ce sujet.

Comment calculer la consommation d'énergie de son entreprise ?
En additionnant, sur une année civile complète et site par site, les consommations de chaque énergie ramenées à une unité commune, le kilowattheure. Vos factures d'électricité et de gaz affichent déjà des kWh. Le fioul, le bois et les carburants s'expriment en litres, en kilos ou en stères et demandent une conversion au moyen des coefficients officiels. Le total obtenu est votre consommation d'énergie finale, c'est-à-dire l'énergie que vous avez réellement achetée et consommée.
Quelle différence entre énergie finale et énergie primaire ?
L'énergie finale est celle qui entre chez vous, celle que vos factures facturent. L'énergie primaire ajoute ce qui a été consommé pour la produire et l'acheminer, notamment les pertes de production et de transport d'électricité. Le rapport entre les deux dépend de conventions réglementaires qui évoluent. Pour un suivi d'entreprise, tenez-vous-en à l'énergie finale : c'est la seule que vous maîtrisez, la seule qui figure sur vos factures et la seule qui se compare d'une année sur l'autre sans discussion.
Qui est concerné par le décret tertiaire ?
Le décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 s'applique aux bâtiments, parties de bâtiments ou ensembles de bâtiments hébergeant des activités tertiaires sur une surface de plancher d'au moins 1 000 mètres carrés. Le seuil s'apprécie par bâtiment, pas par entreprise : une entreprise de vingt personnes installée dans un grand entrepôt peut être concernée, une entreprise de cent personnes répartie sur plusieurs petits locaux peut ne pas l'être. L'obligation pèse à la fois sur le propriétaire et sur l'occupant.
Qu'est-ce que la plateforme OPERAT ?
C'est la plateforme de recueil et de suivi de la consommation d'énergie du tertiaire, opérée par l'ADEME. Les assujettis au décret tertiaire y déclarent chaque année leurs consommations, au plus tard le 30 septembre pour l'année précédente. La plateforme renvoie une attestation annuelle de consommation. Beaucoup d'entreprises découvrent cette obligation tardivement, généralement parce que leur bailleur les interroge sur leurs relevés.
Mesurer sa consommation d'énergie, est-ce faire un bilan carbone ?
Non, et confondre les deux fait perdre du temps. Une consommation d'énergie se mesure en kilowattheures et se lit sur des factures. Un bilan de gaz à effet de serre convertit des consommations en équivalent CO2 au moyen de facteurs d'émission, couvre des postes bien plus larges que l'énergie et suppose une méthode reconnue. La mesure de vos kWh est en revanche un préalable utile : c'est l'une des données que tout calcul d'émissions viendra chercher.
Faut-il un audit énergétique pour commencer ?
Non. Un audit répond à la question des travaux à engager, pas à celle de votre consommation actuelle. Cette dernière, vous l'avez déjà : elle est dans vos factures et sur vos compteurs. Commencez par le relevé, qui prend une demi-journée et ne coûte rien. L'audit devient pertinent ensuite, quand vous savez quel site pèse le plus lourd et que vous envisagez d'investir.

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