Dans cet article
Votre bailleur vous demande vos relevés de consommation. Ou un client vous demande vos kilowattheures dans un questionnaire. Ou vous voulez simplement savoir où part l'argent, parce que la facture a augmenté et que personne ne sait dire de combien exactement.
Bonne nouvelle : vous n'avez besoin ni d'un audit, ni d'un consultant, ni d'un capteur. Le chiffre existe déjà, éparpillé entre douze factures et deux ou trois relevés de charges. Le rassembler prend une demi-journée. Voici où chercher, et le piège qui fausse le résultat une fois sur deux.
Le chiffre existe déjà : où il se trouve
Ce que vous cherchez s'appelle votre consommation d'énergie finale : la somme, sur une année civile, de toute l'énergie que vous avez achetée et consommée, exprimée en kilowattheures. C'est l'énergie qui entre chez vous, celle que vos factures facturent, par opposition à l'énergie primaire qui ajoute les pertes de production et d'acheminement.
| Énergie | Où trouver la donnée | Unité sur le document | Ce qui manque souvent |
|---|---|---|---|
| Électricité | Factures du fournisseur, ou espace client en ligne | kWh | Les compteurs secondaires et les sites de petite taille oubliés |
| Gaz naturel | Factures du fournisseur | kWh, avec le coefficient de conversion imprimé | Rien, c'est la donnée la plus propre |
| Fioul, propane, bois | Bons de livraison du fournisseur | Litres, kilos, stères | La conversion en kWh, et le stock restant en cuve en fin d'année |
| Réseau de chaleur ou de froid | Facture du gestionnaire de réseau, ou relevé de charges | kWh ou MWh | La quote-part quand plusieurs occupants partagent le réseau |
| Carburants des véhicules, à compter à part | Relevés de cartes carburant, notes de frais | Litres | Les pleins payés de leur poche par les salariés et remboursés |
Un seul format suffit : une ligne par site et par énergie, une colonne par année. Ne cherchez pas le détail mensuel au premier passage, il n'apporte rien tant que vous n'avez pas le total.
Si vous ne savez pas encore quels sujets prioriser au-delà de l'énergie, le check-up RSE pose dix questions et dure cinq minutes, dans l'interface réelle du logiciel.
Le piège du périmètre
C'est ici que la moitié des relevés déraillent, et l'erreur est toujours la même : compter ce qu'on paie directement, et oublier le reste.
Les locaux loués
Si votre énergie est incluse dans vos charges, elle n'apparaît sur aucune facture à votre nom. Elle figure sur le décompte annuel de charges, souvent sous forme de quote-part. Demandez à votre bailleur les consommations réelles du bâtiment et votre clé de répartition : c'est une demande légitime, et elle est devenue courante.
Les petits sites
Un dépôt, un local commercial, un bureau détaché. Chacun pèse peu, l'ensemble pèse. Faites la liste de vos adresses avant de faire la liste de vos factures, pas l'inverse.
Le stock en cuve
Pour le fioul et le propane, ce que vous avez acheté dans l'année n'est pas ce que vous avez consommé. Relevez le niveau de cuve au 31 décembre, et faites-le chaque année à la même date. Sans ça, votre courbe reflétera votre calendrier de commandes, pas votre consommation.
Les véhicules
Question de convention : les carburants entrent-ils dans votre total ? Les deux choix se défendent, à condition de trancher une fois pour toutes et de l'écrire. Le plus lisible est de suivre deux totaux distincts, bâtiments d'un côté, flotte de l'autre, puisque les leviers d'action n'ont rien à voir.
Le décret tertiaire : êtes-vous concerné ?
Le test tient en une question : l'un de vos bâtiments abrite-t-il des activités tertiaires sur au moins 1 000 mètres carrés de surface de plancher ? Si oui, vous êtes concerné, quelle que soit la taille de votre entreprise. Si non, la suite de cette section ne vous concerne pas, mais la méthode de relevé ci-dessus reste valable.
Beaucoup d'entreprises découvrent cette obligation par leur bailleur, avec plusieurs années de retard.
Le décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 s'applique aux bâtiments, parties de bâtiments ou ensembles de bâtiments hébergeant des activités tertiaires sur une surface de plancher d'au moins 1 000 mètres carrés. Point important : le seuil s'apprécie par bâtiment, pas par entreprise. Une structure de vingt personnes installée dans un grand entrepôt peut être assujettie, une structure de cent personnes répartie sur cinq petits locaux peut ne pas l'être.
| Échéance | Objectif de réduction | Par rapport à quoi |
|---|---|---|
| 2030 | 40 % | Une année de référence choisie par l'assujetti, qui ne peut être antérieure à 2010 |
| 2040 | 50 % | La même année de référence |
| 2050 | 60 % | La même année de référence |
L'obligation pèse à la fois sur le propriétaire et sur l'occupant, ce qui explique la fréquence des désaccords. La déclaration annuelle des consommations se fait sur la plateforme OPERAT, opérée par l'ADEME, au plus tard le 30 septembre pour l'année précédente.
Le choix de l'année de référence n'est pas anodin : c'est lui qui fixe la pente à tenir pendant vingt-cinq ans. Il suppose de disposer de consommations anciennes et fiables, ce qui ramène au point de départ de cet article.
Ce que ce chiffre ne dit pas
Un chiffre annuel est une donnée, pas un diagnostic. Trois précautions avant de l'afficher où que ce soit.
Un total en kWh ne dit pas si vous consommez trop. Sans surface, sans effectif, sans volume produit et sans rigueur de l'hiver, le chiffre brut ne se compare à rien. Les indicateurs qui parlent sont des ratios : kWh par mètre carré, par salarié ou par unité produite.
Un total en kWh n'est pas non plus un bilan carbone. Convertir des kilowattheures en équivalent CO2 suppose des facteurs d'émission, une méthode reconnue et un périmètre bien plus large que l'énergie. Le calcul se fait avec un outil dédié ou avec un expert. Votre relevé énergétique en est une donnée d'entrée, pas un substitut.
Enfin, une baisse de consommation n'est pas toujours une bonne nouvelle : un site fermé la moitié de l'année, une activité en repli ou un hiver doux produisent le même effet qu'une action d'économie. Notez à côté de vos chiffres ce qui a changé dans l'année. C'est cette note, deux lignes, qui vous évitera de vous féliciter d'une baisse que vous n'avez pas provoquée.
Ce qu'on en fait : régler avant d'investir
Une fois le tableau rempli, un site ressort presque toujours en tête. C'est par lui qu'on commence, et dans cet ordre.
- Régler. Températures de consigne, programmation horaire, extinction des équipements et de l'éclairage hors présence. Coût proche de zéro, effet immédiat, et cela révèle souvent des aberrations que personne n'avait vues.
- Entretenir. Un équipement de chauffage ou de froid mal entretenu consomme davantage et tombe en panne plus tôt. Le contrat d'entretien existe déjà la plupart du temps : vérifiez qu'il est exécuté.
- Remplacer. L'éclairage, puis les équipements les plus énergivores, quand leur fin de vie arrive ou quand le calcul est sans appel.
- Rénover. Isolation, menuiseries, système de chauffage. C'est là que l'audit énergétique et les dispositifs d'aide prennent leur sens, et pas avant.
Ces actions se tiennent dans un plan d'actions avec un responsable, une échéance et un statut. Un objectif énergétique sans plan d'actions reste un chiffre, et un plan d'actions sans chiffre de départ ne se mesure pas.
Suivre le chiffre d'une année sur l'autre
La difficulté n'est pas de faire ce relevé une fois. C'est de le refaire l'année suivante avec la même méthode, le même périmètre et les mêmes conventions, et de pouvoir expliquer l'écart.
Doddee est le logiciel sur lequel une entreprise tient sa démarche RSE sans service dédié : les indicateurs attendus y sont déjà posés, et vous n'entrez chaque donnée qu'une fois. Dans Doddee, la consommation d'énergie finale totale est un indicateur en mode calculé : vous saisissez vos consommations par vecteur, électricité, gaz, fioul, carburants, réseau de chaleur, et le total se construit à partir de ces points de données sources. Ces sources sont réutilisables : la même consommation d'électricité peut alimenter votre total d'énergie et un ratio par mètre carré, saisie une seule fois. Chaque indicateur porte son unité, sa fréquence et son objectif chiffré, ce qui rend l'écart à l'objectif lisible sans calcul supplémentaire.
Si le ratio dont vous avez besoin n'existe pas au catalogue, vous créez le vôtre : vos propres sources, votre propre formule, du type consommation divisée par surface.
Les pièces qui justifient les chiffres, factures, décomptes de charges, attestation annuelle de déclaration, se rattachent à l'action qu'elles documentent plutôt que de vivre dans une boîte mail : c'est le rôle des justificatifs. L'année suivante, la question n'est plus de retrouver les chiffres mais de les commenter, ce qui est un tout autre confort au moment de produire un reporting RSE.
Pour voir ce que cela donne sur vos propres sites, l'essai autonome ouvre un espace complet pendant 14 jours, sans carte bancaire : créer mon espace d'essai. Au terme des 14 jours, l'espace passe en lecture seule et l'activation est faite par l'équipe. Si vous préférez qu'on vous montre d'abord, réservez une démo.
Le relevé à faire ce mois-ci
Ouvrez un tableau. Une ligne par adresse, une colonne par énergie. Remplissez ce que vous avez, laissez vide ce que vous n'avez pas.
Les cases vides sont le vrai livrable de l'exercice. Chacune correspond à un appel à passer : à votre bailleur, à votre fournisseur, à la personne qui range les bons de livraison. Comptez-les.
C'est le nombre d'appels qui vous sépare de votre premier chiffre annuel.
Ce que votre entreprise y gagne
- Compétitivité
- Gouvernance
- Productivité
Ce que la société y gagne
- Réduction des émissions
- Sensibilisation interne
Sources
Décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 relatif aux obligations d'actions de réduction de la consommation d'énergie finale dans des bâtiments à usage tertiaire : seuil de 1 000 mètres carrés de surface de plancher, objectifs de réduction de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à une année de référence qui ne peut être antérieure à 2010.
Plateforme OPERAT, opérée par l'ADEME : déclaration annuelle des consommations d'énergie des bâtiments tertiaires assujettis, au plus tard le 30 septembre pour l'année précédente.
Code de la construction et de l'habitation, article L174-1 : fondement législatif du dispositif de réduction de la consommation d'énergie des bâtiments tertiaires.
Crédits




