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Diagnostic biodiversité : commencez par vos mètres carrés, pas par vos concepts

Un diagnostic biodiversité se bloque quand il commence par la question de l'impact. Il avance quand il commence par vos adresses et vos surfaces. Le cadre LEAP en quatre étapes, les indicateurs qui tiennent, et ce qu'on peut faire en une journée.

Doddee
Doddee
3 septembre 2025 · 12 min de lecture
Prendre le pouls de la nature : illustration du diagnostic biodiversité en entreprise
Dans cet article

On vous demande un diagnostic biodiversité. Vous ouvrez un guide, il parle de dépendances aux services écosystémiques, et vous refermez.

Le blocage est toujours le même : on commence par la question de l'impact, qui est la plus difficile, au lieu de commencer par ce qui est sous vos pieds. Cet article part de vos adresses et de vos surfaces, reprend le cadre LEAP en quatre étapes lisibles, et donne les indicateurs qui tiennent dans le temps.

Qu'est-ce qu'un diagnostic biodiversité ?

Un diagnostic biodiversité est l'inventaire de ce que votre activité prélève, occupe, rejette et modifie dans les milieux naturels, et de ce dont elle dépend pour fonctionner. Il ne s'agit pas de compter des espèces sur votre parking. Il s'agit de savoir où vous agissez, sur quoi, et avec quelle marge de manœuvre.

Deux idées fausses à écarter. Le sujet ne concerne pas que l'agriculture et l'industrie lourde : un site tertiaire occupe du sol, s'éclaire la nuit, imperméabilise un terrain et achète des matières produites ailleurs. Et le diagnostic n'est pas un préalable obligatoire à l'action : la moitié des gestes utiles se décident sans étude, à condition de savoir où ils s'appliquent.

Si vous voulez situer votre démarche avant d'entrer dans le détail, le check-up RSE prend 10 questions et 5 minutes, dans l'interface réelle du logiciel.

Le cadre LEAP en quatre étapes

LEAP est l'acronyme d'une démarche en quatre temps, largement reprise pour structurer l'évaluation des enjeux liés à la nature. Elle a l'avantage d'imposer un ordre : on ne parle d'impact qu'une fois qu'on sait où l'on est.

ÉtapeLa question poséeCe que vous produisezTemps réaliste
L, LocaliserOù sommes-nous, et qu'y a-t-il autour ?La liste de vos sites, leurs surfaces, et les milieux sensibles à proximitéUne demi-journée
E, ÉvaluerDe quoi dépendons-nous, et sur quoi agissons-nous ?Vos dépendances (eau, matières, pollinisation, sols) et vos pressionsUne journée
A, AnalyserQu'est-ce qui compte le plus, pour la nature et pour nous ?Trois à cinq sujets prioritaires, et pourquoiUne demi-journée
P, PréparerQue fait-on, qui le porte, pour quand ?Des actions datées, avec un responsable, et les indicateurs de suiviUne demi-journée
L'ordre compte plus que la profondeur. Un LEAP fait en trois jours sur un seul site vaut mieux qu'un LEAP jamais terminé sur tous.

Localiser : la liste de vos adresses, et rien d'autre

Ouvrez un tableur. Une ligne par lieu où votre entreprise exerce : siège, atelier, entrepôt, dépôt, parking, terrain non bâti. Quatre colonnes suffisent.

  • L'adresse et la surface totale du terrain, en mètres carrés. Elle figure sur votre bail ou votre acte.
  • La part de cette surface qui est imperméabilisée : bâtiments, bitume, béton.
  • Ce qu'il y a immédiatement autour : cours d'eau, zone humide, bois, champs, zone urbaine dense, littoral.
  • Ce que vous y faites la nuit : éclairage extérieur, activité, livraisons.

Cette page, que vous remplissez en une demi-journée sans expert, est déjà un diagnostic de localisation. Elle sert ensuite à tout le reste, et elle répond à la moitié des questions qu'un client vous posera sur le sujet.

Si vous exercez sur un seul site en zone urbaine dense, votre enjeu principal ne sera pas votre parcelle : il sera dans vos achats. Passez plus de temps sur l'étape suivante.

Évaluer : les dépendances avant les impacts

L'ordre est contre-intuitif mais il débloque la discussion. Demandez d'abord ce dont vous dépendez, parce que c'est là que le sujet devient un sujet de direction et non un sujet de communication.

  • L'eau : en avez-vous besoin en quantité, et d'où vient-elle ? Une restriction sécheresse arrête-t-elle votre production ?
  • Les matières vivantes : bois, papier, fibres, produits agricoles, ingrédients. Savez-vous d'où elles viennent ?
  • Les sols et le climat local : votre activité dépend-elle d'une récolte, d'une saison, d'un rendement ?
  • L'accès : une inondation, un glissement, une tempête peuvent-ils couper votre site ou votre chaîne d'approvisionnement ?

Les pressions viennent ensuite, et elles sont plus simples à lister qu'on ne le croit : occupation et imperméabilisation des sols, prélèvements d'eau, rejets et pollutions, éclairage nocturne, bruit, et les pressions exercées ailleurs par vos achats.

Ce dernier point réserve souvent la surprise de l'exercice. Si votre activité achète des matières vivantes ou transformées, votre parcelle pèse peu à côté de ce qui se passe en amont. C'est plutôt une bonne nouvelle : un critère ajouté à un cahier des charges s'actionne en quelques semaines, un réaménagement de site en quelques années.

Analyser : trois à cinq sujets, pas davantage

Croisez deux questions par sujet identifié : quelle est l'importance pour le milieu, et quelle est votre marge de manœuvre réelle, à budget constant, dans les douze mois. Ne gardez que ce qui est haut sur les deux.

Un sujet important sur lequel vous n'avez aucune marge cette année n'est pas à ignorer : il est à écrire, à dater et à revoir l'an prochain. Un sujet mineur sur lequel vous pouvez tout n'est pas une priorité, c'est un geste à faire sans en faire une stratégie.

Préparer : les indicateurs qui tiennent dans le temps

Un indicateur biodiversité utile a trois propriétés : il se mesure sans expert, il ne bouge pas tout seul d'une année sur l'autre, et il correspond à une action que vous contrôlez. Le catalogue Doddee en contient plusieurs qui remplissent ces conditions, et leurs libellés donnent une bonne base de départ.

IndicateurComment il se calculeCe qu'il dit vraiment
Surface d'espaces favorables à la biodiversitéSomme des surfaces non imperméabilisées et gérées comme telles, en mètres carrésCe que vous avez réellement libéré ou préservé
Part d'espaces favorables à la biodiversitéSurface favorable divisée par surface totale, multipliée par 100Votre marge de progression sur votre propre foncier
Taux de salariés formés à la biodiversitéSalariés formés divisés par l'effectif pris en compte, multiplié par 100Si le sujet a quitté le bureau de la direction
Taux de fournisseurs stratégiques évalués sur la biodiversitéFournisseurs évalués divisés par fournisseurs stratégiques, multiplié par 100Où vous en êtes sur la partie qui pèse le plus
Actions de restauration ou de préservationCompte des actions engagées et documentéesCe que vous pouvez montrer, pièces à l'appui
Quatre de ces cinq indicateurs se calculent à partir de deux nombres. C'est volontaire : un indicateur qui demande une étude ne sera pas mis à jour l'an prochain.

Fixez un objectif chiffré sur chacun de ceux que vous retenez, et une fréquence de relevé annuelle. Sans objectif, un indicateur décrit, il ne pilote pas. La mécanique de calcul et de suivi est détaillée sur la page indicateurs RSE.

Ce que le diagnostic ne fait pas

Il ne remplace pas un inventaire naturaliste. Si vous construisez, si vous êtes soumis à une autorisation environnementale ou si un milieu protégé est en jeu, il faut un écologue, et aucune méthode interne ne s'y substitue.

Il ne se compare pas d'une entreprise à l'autre. Contrairement à une consommation d'énergie, les indicateurs biodiversité dépendent trop du lieu pour qu'un classement ait un sens. Comparez-vous à vous-même, d'une année sur l'autre.

Il ne se convertit pas en chiffre unique. Toute méthode qui promet de résumer votre effet sur le vivant en une note simplifie plus qu'elle n'informe.

Pourquoi la question arrive maintenant

Le sujet sort du cercle des spécialistes par deux portes. La commande publique d'abord : le Plan national pour des achats durables 2022-2025 du ministère de la Transition écologique fixe l'objectif de 100 % des marchés publics intégrant au moins une considération environnementale, et la biodiversité en fait partie dans les marchés d'espaces verts, de travaux et de restauration.

Les clients privés ensuite. Dans la 3e édition du baromètre Achats responsables publiée en octobre 2025 par l'ORSE, Bpifrance et PwC France et Maghreb, 66 % des fournisseurs interrogés déclarent être sollicités souvent ou parfois par leurs clients sur les sujets environnementaux, sociaux ou éthiques, et 41 % le sont pendant la phase d'appel d'offres. La question biodiversité apparaît dans ces questionnaires, souvent sous la forme la plus simple : avez-vous identifié vos sites situés à proximité de zones sensibles ?

Là où la page de calcul devient un suivi

Le piège classique est de produire un beau document de diagnostic, puis de ne jamais le rejouer. Un an plus tard, personne ne retrouve la surface de départ, et l'exercice recommence à zéro.

Doddee est le logiciel de pilotage RSE des entreprises sans service dédié : il propose les actions, réclame leurs preuves et calcule les indicateurs à partir de ce que vous saisissez une seule fois. Dans Doddee, une entreprise crée ses propres indicateurs, en plus du catalogue, en « Saisie directe » ou « Calculé à partir de sources ». Une part d'espaces favorables se pose exactement comme une formule du type A / B × 100, où A est la surface favorable et B la surface totale, les deux variables étant mappées aux points de données sources dans l'ordre choisi. Comme ces points de données sont partageables entre plusieurs indicateurs, la surface totale de vos sites, saisie une fois, sert aussi ailleurs. L'indicateur porte son unité, sa fréquence, du mois à l'année, et son objectif à atteindre.

Le tableau de vos sites peut vivre au même endroit, sous forme de registre : une ligne par objet suivi, un site par ligne, chaque colonne étant un point de donnée. La surface, la part imperméabilisée et la proximité d'une zone sensible se saisissent site par site, et alimentent ensuite les indicateurs sans double saisie.

Les actions qui en découlent rejoignent le plan d'actions, chacune avec son responsable, son échéance et ses justificatifs datés. Le catalogue contient déjà des actions sur ce sujet, dont « Aménager des espaces favorables à la biodiversité » et « Former les collaborateurs à l'importance de la biodiversité ».

Le référentiel Doddee RSE est construit sur l'ISO 26000. Doddee n'est ni auditeur ni certificateur, ne délivre aucun label et n'attribue aucune note globale à une entreprise. Ce qui en sort est un dossier tenu, celui qui répond à la question d'un client, comme le décrit la page centraliser ses preuves RSE.

L'essai autonome ouvre un espace complet pendant 14 jours, sans carte bancaire : créer mon espace d'essai. Au terme des 14 jours, l'espace passe en lecture seule et l'activation est faite par l'équipe. Sinon, réservez une démo.

La demi-journée à bloquer

Prenez une demi-journée cette semaine et remplissez seulement la première page : vos adresses, vos surfaces, ce qui est imperméabilisé, ce qu'il y a autour.

Regardez ensuite la colonne des surfaces imperméabilisées et demandez-vous combien de mètres carrés vous pourriez rendre au vivant sans gêner votre activité. Dans la plupart des cas, la réponse surprend celui qui pose la question.

Ce que votre entreprise y gagne

  • Image de marque
  • Réduction des risques
  • Résilience

Ce que la société y gagne

  • Protection des écosystèmes
  • Biodiversité

Sources

Ministère de la Transition écologique, Plan national pour des achats durables 2022-2025.

ORSE, Bpifrance et PwC France et Maghreb, Baromètre Achats responsables, 3e édition, « La RSE dans la relation client-fournisseur », octobre 2025. Enquête menée auprès de fournisseurs entre janvier et mai 2025.

Cadre LEAP (Locate, Evaluate, Assess, Prepare), démarche d'évaluation des enjeux liés à la nature.

ISO 26000, lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale. Cadre de lignes directrices, non certifiable.

Crédits

Checking health listening tree nature, sasirin-pamais-images, Canva Pro

Questions fréquentes

Les réponses courtes aux questions que l'on se pose le plus sur ce sujet.

Qu'est-ce qu'un diagnostic biodiversité et à quoi sert-il ?
C'est l'inventaire de ce que votre activité occupe, prélève, rejette et modifie dans les milieux naturels, et de ce dont elle dépend pour fonctionner. Il sert à deux choses très concrètes : repérer les dépendances qui pourraient arrêter votre activité, comme une restriction d'eau ou une rupture d'approvisionnement en matière vivante, et produire des réponses factuelles aux questions de vos clients. Ce n'est pas un inventaire d'espèces, et il ne demande pas d'écologue pour la première version.
Comment commencer un diagnostic biodiversité sans être spécialiste ?
Par la liste de vos adresses. Une ligne par lieu, avec la surface totale du terrain, la part imperméabilisée, ce qu'il y a immédiatement autour et ce que vous y faites la nuit. Ces quatre informations sont dans votre bail, sur une carte et dans votre tête, et elles se rassemblent en une demi-journée. Cette page répond déjà à la moitié des questions qu'un client vous posera, et elle sert de base à toutes les étapes suivantes.
Quels indicateurs suivre pour la biodiversité ?
Quatre suffisent pour commencer, et se calculent à partir de deux nombres chacun. La surface d'espaces favorables à la biodiversité, en mètres carrés. Sa part rapportée à votre surface totale. Le taux de salariés formés au sujet. Et le taux de fournisseurs stratégiques évalués sur ce point, qui est souvent le plus révélateur puisque l'essentiel de l'empreinte se joue dans les achats. Fixez un objectif chiffré sur chacun, sinon ils décriront sans rien piloter.
Combien de temps prend un diagnostic biodiversité ?
Trois jours de travail effectif pour une première version sur un site, répartis selon les quatre étapes du cadre LEAP : une demi-journée pour localiser, une journée pour évaluer les dépendances et les pressions, une demi-journée pour prioriser et une demi-journée pour poser les actions. Le délai calendaire est plus long parce qu'il faut attendre des informations de vos fournisseurs. Une version incomplète mais datée vaut mieux qu'une étude parfaite reportée.
Le diagnostic biodiversité est-il obligatoire ?
Il n'existe pas d'obligation générale de diagnostic biodiversité pour toutes les entreprises. Des obligations spécifiques existent en revanche selon l'activité et le projet, notamment pour les installations classées et pour les projets soumis à évaluation environnementale ou à autorisation. Si vous construisez, si vous étendez un site ou si un milieu protégé est concerné, renseignez-vous auprès des services compétents avant de vous appuyer sur une méthode interne.
Faut-il faire appel à un écologue ?
Pas pour la première version, qui repose sur des informations que vous détenez déjà. L'écologue devient indispensable dans trois cas : un projet de construction ou d'extension, une procédure réglementaire qui l'exige, ou un site situé dans ou à proximité immédiate d'un milieu protégé. Dans ces cas, aucune méthode interne ne remplace son travail, et une étude faite trop tard coûte plus cher qu'une étude anticipée.

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