Dans cet article
On vous demande un diagnostic biodiversité. Vous ouvrez un guide, il parle de dépendances aux services écosystémiques, et vous refermez.
Le blocage est toujours le même : on commence par la question de l'impact, qui est la plus difficile, au lieu de commencer par ce qui est sous vos pieds. Cet article part de vos adresses et de vos surfaces, reprend le cadre LEAP en quatre étapes lisibles, et donne les indicateurs qui tiennent dans le temps.
Qu'est-ce qu'un diagnostic biodiversité ?
Un diagnostic biodiversité est l'inventaire de ce que votre activité prélève, occupe, rejette et modifie dans les milieux naturels, et de ce dont elle dépend pour fonctionner. Il ne s'agit pas de compter des espèces sur votre parking. Il s'agit de savoir où vous agissez, sur quoi, et avec quelle marge de manœuvre.
Deux idées fausses à écarter. Le sujet ne concerne pas que l'agriculture et l'industrie lourde : un site tertiaire occupe du sol, s'éclaire la nuit, imperméabilise un terrain et achète des matières produites ailleurs. Et le diagnostic n'est pas un préalable obligatoire à l'action : la moitié des gestes utiles se décident sans étude, à condition de savoir où ils s'appliquent.
Si vous voulez situer votre démarche avant d'entrer dans le détail, le check-up RSE prend 10 questions et 5 minutes, dans l'interface réelle du logiciel.
Le cadre LEAP en quatre étapes
LEAP est l'acronyme d'une démarche en quatre temps, largement reprise pour structurer l'évaluation des enjeux liés à la nature. Elle a l'avantage d'imposer un ordre : on ne parle d'impact qu'une fois qu'on sait où l'on est.
| Étape | La question posée | Ce que vous produisez | Temps réaliste |
|---|---|---|---|
| L, Localiser | Où sommes-nous, et qu'y a-t-il autour ? | La liste de vos sites, leurs surfaces, et les milieux sensibles à proximité | Une demi-journée |
| E, Évaluer | De quoi dépendons-nous, et sur quoi agissons-nous ? | Vos dépendances (eau, matières, pollinisation, sols) et vos pressions | Une journée |
| A, Analyser | Qu'est-ce qui compte le plus, pour la nature et pour nous ? | Trois à cinq sujets prioritaires, et pourquoi | Une demi-journée |
| P, Préparer | Que fait-on, qui le porte, pour quand ? | Des actions datées, avec un responsable, et les indicateurs de suivi | Une demi-journée |
Localiser : la liste de vos adresses, et rien d'autre
Ouvrez un tableur. Une ligne par lieu où votre entreprise exerce : siège, atelier, entrepôt, dépôt, parking, terrain non bâti. Quatre colonnes suffisent.
- L'adresse et la surface totale du terrain, en mètres carrés. Elle figure sur votre bail ou votre acte.
- La part de cette surface qui est imperméabilisée : bâtiments, bitume, béton.
- Ce qu'il y a immédiatement autour : cours d'eau, zone humide, bois, champs, zone urbaine dense, littoral.
- Ce que vous y faites la nuit : éclairage extérieur, activité, livraisons.
Cette page, que vous remplissez en une demi-journée sans expert, est déjà un diagnostic de localisation. Elle sert ensuite à tout le reste, et elle répond à la moitié des questions qu'un client vous posera sur le sujet.
Si vous exercez sur un seul site en zone urbaine dense, votre enjeu principal ne sera pas votre parcelle : il sera dans vos achats. Passez plus de temps sur l'étape suivante.
Évaluer : les dépendances avant les impacts
L'ordre est contre-intuitif mais il débloque la discussion. Demandez d'abord ce dont vous dépendez, parce que c'est là que le sujet devient un sujet de direction et non un sujet de communication.
- L'eau : en avez-vous besoin en quantité, et d'où vient-elle ? Une restriction sécheresse arrête-t-elle votre production ?
- Les matières vivantes : bois, papier, fibres, produits agricoles, ingrédients. Savez-vous d'où elles viennent ?
- Les sols et le climat local : votre activité dépend-elle d'une récolte, d'une saison, d'un rendement ?
- L'accès : une inondation, un glissement, une tempête peuvent-ils couper votre site ou votre chaîne d'approvisionnement ?
Les pressions viennent ensuite, et elles sont plus simples à lister qu'on ne le croit : occupation et imperméabilisation des sols, prélèvements d'eau, rejets et pollutions, éclairage nocturne, bruit, et les pressions exercées ailleurs par vos achats.
Ce dernier point réserve souvent la surprise de l'exercice. Si votre activité achète des matières vivantes ou transformées, votre parcelle pèse peu à côté de ce qui se passe en amont. C'est plutôt une bonne nouvelle : un critère ajouté à un cahier des charges s'actionne en quelques semaines, un réaménagement de site en quelques années.
Analyser : trois à cinq sujets, pas davantage
Croisez deux questions par sujet identifié : quelle est l'importance pour le milieu, et quelle est votre marge de manœuvre réelle, à budget constant, dans les douze mois. Ne gardez que ce qui est haut sur les deux.
Un sujet important sur lequel vous n'avez aucune marge cette année n'est pas à ignorer : il est à écrire, à dater et à revoir l'an prochain. Un sujet mineur sur lequel vous pouvez tout n'est pas une priorité, c'est un geste à faire sans en faire une stratégie.
Préparer : les indicateurs qui tiennent dans le temps
Un indicateur biodiversité utile a trois propriétés : il se mesure sans expert, il ne bouge pas tout seul d'une année sur l'autre, et il correspond à une action que vous contrôlez. Le catalogue Doddee en contient plusieurs qui remplissent ces conditions, et leurs libellés donnent une bonne base de départ.
| Indicateur | Comment il se calcule | Ce qu'il dit vraiment |
|---|---|---|
| Surface d'espaces favorables à la biodiversité | Somme des surfaces non imperméabilisées et gérées comme telles, en mètres carrés | Ce que vous avez réellement libéré ou préservé |
| Part d'espaces favorables à la biodiversité | Surface favorable divisée par surface totale, multipliée par 100 | Votre marge de progression sur votre propre foncier |
| Taux de salariés formés à la biodiversité | Salariés formés divisés par l'effectif pris en compte, multiplié par 100 | Si le sujet a quitté le bureau de la direction |
| Taux de fournisseurs stratégiques évalués sur la biodiversité | Fournisseurs évalués divisés par fournisseurs stratégiques, multiplié par 100 | Où vous en êtes sur la partie qui pèse le plus |
| Actions de restauration ou de préservation | Compte des actions engagées et documentées | Ce que vous pouvez montrer, pièces à l'appui |
Fixez un objectif chiffré sur chacun de ceux que vous retenez, et une fréquence de relevé annuelle. Sans objectif, un indicateur décrit, il ne pilote pas. La mécanique de calcul et de suivi est détaillée sur la page indicateurs RSE.
Ce que le diagnostic ne fait pas
Il ne remplace pas un inventaire naturaliste. Si vous construisez, si vous êtes soumis à une autorisation environnementale ou si un milieu protégé est en jeu, il faut un écologue, et aucune méthode interne ne s'y substitue.
Il ne se compare pas d'une entreprise à l'autre. Contrairement à une consommation d'énergie, les indicateurs biodiversité dépendent trop du lieu pour qu'un classement ait un sens. Comparez-vous à vous-même, d'une année sur l'autre.
Il ne se convertit pas en chiffre unique. Toute méthode qui promet de résumer votre effet sur le vivant en une note simplifie plus qu'elle n'informe.
Pourquoi la question arrive maintenant
Le sujet sort du cercle des spécialistes par deux portes. La commande publique d'abord : le Plan national pour des achats durables 2022-2025 du ministère de la Transition écologique fixe l'objectif de 100 % des marchés publics intégrant au moins une considération environnementale, et la biodiversité en fait partie dans les marchés d'espaces verts, de travaux et de restauration.
Les clients privés ensuite. Dans la 3e édition du baromètre Achats responsables publiée en octobre 2025 par l'ORSE, Bpifrance et PwC France et Maghreb, 66 % des fournisseurs interrogés déclarent être sollicités souvent ou parfois par leurs clients sur les sujets environnementaux, sociaux ou éthiques, et 41 % le sont pendant la phase d'appel d'offres. La question biodiversité apparaît dans ces questionnaires, souvent sous la forme la plus simple : avez-vous identifié vos sites situés à proximité de zones sensibles ?
Là où la page de calcul devient un suivi
Le piège classique est de produire un beau document de diagnostic, puis de ne jamais le rejouer. Un an plus tard, personne ne retrouve la surface de départ, et l'exercice recommence à zéro.
Doddee est le logiciel de pilotage RSE des entreprises sans service dédié : il propose les actions, réclame leurs preuves et calcule les indicateurs à partir de ce que vous saisissez une seule fois. Dans Doddee, une entreprise crée ses propres indicateurs, en plus du catalogue, en « Saisie directe » ou « Calculé à partir de sources ». Une part d'espaces favorables se pose exactement comme une formule du type A / B × 100, où A est la surface favorable et B la surface totale, les deux variables étant mappées aux points de données sources dans l'ordre choisi. Comme ces points de données sont partageables entre plusieurs indicateurs, la surface totale de vos sites, saisie une fois, sert aussi ailleurs. L'indicateur porte son unité, sa fréquence, du mois à l'année, et son objectif à atteindre.
Le tableau de vos sites peut vivre au même endroit, sous forme de registre : une ligne par objet suivi, un site par ligne, chaque colonne étant un point de donnée. La surface, la part imperméabilisée et la proximité d'une zone sensible se saisissent site par site, et alimentent ensuite les indicateurs sans double saisie.
Les actions qui en découlent rejoignent le plan d'actions, chacune avec son responsable, son échéance et ses justificatifs datés. Le catalogue contient déjà des actions sur ce sujet, dont « Aménager des espaces favorables à la biodiversité » et « Former les collaborateurs à l'importance de la biodiversité ».
Le référentiel Doddee RSE est construit sur l'ISO 26000. Doddee n'est ni auditeur ni certificateur, ne délivre aucun label et n'attribue aucune note globale à une entreprise. Ce qui en sort est un dossier tenu, celui qui répond à la question d'un client, comme le décrit la page centraliser ses preuves RSE.
L'essai autonome ouvre un espace complet pendant 14 jours, sans carte bancaire : créer mon espace d'essai. Au terme des 14 jours, l'espace passe en lecture seule et l'activation est faite par l'équipe. Sinon, réservez une démo.
La demi-journée à bloquer
Prenez une demi-journée cette semaine et remplissez seulement la première page : vos adresses, vos surfaces, ce qui est imperméabilisé, ce qu'il y a autour.
Regardez ensuite la colonne des surfaces imperméabilisées et demandez-vous combien de mètres carrés vous pourriez rendre au vivant sans gêner votre activité. Dans la plupart des cas, la réponse surprend celui qui pose la question.
Ce que votre entreprise y gagne
- Image de marque
- Réduction des risques
- Résilience
Ce que la société y gagne
- Protection des écosystèmes
- Biodiversité
Sources
Ministère de la Transition écologique, Plan national pour des achats durables 2022-2025.
ORSE, Bpifrance et PwC France et Maghreb, Baromètre Achats responsables, 3e édition, « La RSE dans la relation client-fournisseur », octobre 2025. Enquête menée auprès de fournisseurs entre janvier et mai 2025.
Cadre LEAP (Locate, Evaluate, Assess, Prepare), démarche d'évaluation des enjeux liés à la nature.
ISO 26000, lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale. Cadre de lignes directrices, non certifiable.
Crédits
Checking health listening tree nature, sasirin-pamais-images, Canva Pro




