Dans cet article
Vous voulez réduire vos déchets plastiques et vous ne savez pas par quel bout commencer. Le film étirable des palettes, les gobelets, les emballages des fournisseurs, les chutes de production : tout paraît à traiter en même temps.
La règle est pourtant simple : on ne réduit pas ce qu'on n'a pas pesé, et la première pesée est déjà chez vous. Elle est sur vos bordereaux d'enlèvement. Cet article vous montre comment les lire, quels gisements traiter en premier, et ce qu'il devient interdit d'écrire sur un emballage.
Ce que vos bordereaux disent déjà
Sortez votre contrat d'enlèvement et vos douze derniers bordereaux ou factures de collecte. Trois informations y figurent presque toujours, et personne ne les regarde.
- Le nombre de passages par mois et le volume des contenants. Un bac de 660 litres relevé deux fois par semaine ne dit pas la même chose que le même bac relevé une fois par mois.
- Les flux séparés que vous avez déjà, et ceux qui partent en mélange. Le mélange coûte plus cher au traitement que le flux trié, ce qui rend l'argument économique immédiat.
- Le tonnage, quand il est indiqué. S'il ne l'est pas, demandez-le à votre prestataire : c'est une information qu'il détient.
Vous obtenez ainsi, en une heure, une base chiffrée de départ. Elle est imparfaite, elle mélange des flux, et elle suffit : la précision viendra ensuite, l'important est d'avoir une année de référence datée à laquelle comparer la suivante.
Pour situer votre démarche plus largement, le check-up RSE prend 10 questions et 5 minutes, dans l'interface réelle du logiciel.
La hiérarchie des déchets, dans le bon ordre
La hiérarchie des modes de traitement, posée par le code de l'environnement, classe les solutions de la meilleure à la moins bonne. L'ordre compte plus que les techniques, parce qu'il empêche l'erreur la plus fréquente : commencer par le recyclage.
- Prévention : ne pas produire le déchet, en supprimant l'emballage ou en changeant le mode d'approvisionnement.
- Réemploi : réutiliser tel quel, en boucle, sans retraitement.
- Recyclage : transformer la matière pour en refaire une matière.
- Autre valorisation, notamment énergétique.
- Élimination, en dernier recours.
Un bac de tri bien signalé est utile, mais il agit au troisième rang. Les gains les plus importants se trouvent aux deux premiers, et ils sont souvent les moins chers à obtenir puisqu'ils suppriment aussi un achat.
Comment réduire ses déchets plastiques : les trois gisements à traiter en premier
Ne cherchez pas l'exhaustivité. Trois gisements couvrent l'essentiel du plastique d'une entreprise qui n'est ni plasturgiste ni distributeur.
| Gisement | Où il se voit | Le geste qui marche | Ce qu'il faut garder comme preuve |
|---|---|---|---|
| Emballages reçus de vos fournisseurs | Zone de réception : film étirable, calage, cerclage, sachets | Demander au fournisseur de livrer autrement, en bacs navettes ou avec moins de calage | Le courrier ou la clause envoyée, et la première livraison modifiée |
| Emballages que vous expédiez | Zone d'expédition, et dans les retours clients | Réduire l'épaisseur, supprimer une couche, remplacer un plastique par une matière triable | Les deux fiches techniques, avant et après, avec la date du changement |
| Consommables internes | Machine à café, salle de pause, fournitures, produits d'entretien | Supprimer plutôt que remplacer : une fontaine et des verres, pas des bouteilles réputées vertes | La facture du changement et la baisse constatée sur le poste |
Une remarque sur le premier gisement : un fournisseur à qui l'on demande de changer un emballage refuse rarement quand la demande est précise, écrite, et qu'elle porte sur une référence en particulier. Il refuse presque toujours quand la demande est générale.
Ce qu'il devient interdit d'écrire sur un emballage
Le sujet des déchets rejoint celui de la communication, et cela se durcit. La directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024 s'applique à partir du 27 septembre 2026 et ajoute des pratiques à la liste de celles qui sont réputées trompeuses en toutes circonstances. Deux conséquences directes pour un emballage.
- Une allégation environnementale générique, du type emballage vert ou produit respectueux de l'environnement, n'est admise que si une excellente performance environnementale reconnue est démontrée en rapport avec l'allégation.
- Un signe de confiance qui ressemble à un label mais qui n'en est pas un ne passe plus : un label de durabilité doit reposer sur un système de certification ou avoir été mis en place par des autorités publiques.
Le contrôle est réel. Le 1er octobre 2025, la DGCCRF a publié le bilan de ses enquêtes 2023 et 2024 sur l'écoblanchiment : plus de 3 000 établissements contrôlés, près de 15 % de professionnels présentant un manquement grave, plus de 430 injonctions, plus de 500 avertissements et 70 sanctions. Le détail des formulations à retirer est sur notre page anti-greenwashing.
Gardez donc une distinction en tête avant d'imprimer quoi que ce soit : recyclable décrit une propriété de la matière, recyclé décrit ce qui a réellement été fait. Les deux mots ne s'échangent pas, et le second est le seul qui se prouve avec une pièce.
Les indicateurs qui tiennent dans le temps
Un indicateur déchets utile se calcule à partir de deux nombres que vous avez déjà, et se rejoue à l'identique l'année suivante. Quatre suffisent.
- Les déchets totaux tous flux, en masse, sur l'année. C'est votre référence.
- La masse de déchets plastiques, séparée du reste dès que le flux existe.
- Le taux de valorisation : la part valorisée divisée par le total, multipliée par 100.
- Le taux de réduction par rapport à votre année de référence, qui est le seul chiffre que vos clients trouvent parlant.
Si vous expédiez des produits, ajoutez la part d'emballages recyclables mis sur le marché. Fixez un objectif chiffré et une fréquence de relevé annuelle sur chacun, sinon ils ne serviront qu'à constater. La mécanique de calcul et de suivi est détaillée sur la page indicateurs RSE.
Ce que la démarche ne fait pas
Elle ne règle pas le problème par le bioplastique. Certaines matières dites biosourcées ou compostables demandent des conditions de traitement industriel qui n'existent pas partout, et elles perturbent les flux de tri existants quand elles s'y mélangent. Vérifiez la filière de traitement réellement disponible avant de changer de matière, pas après.
Elle ne transforme pas un déchet trié en déchet évité. Trier améliore le traitement, cela ne réduit pas le volume. Les deux sont utiles et ne se remplacent pas.
Et elle ne vous dispense pas de vérifier vos obligations. Selon votre activité, vos volumes et vos matières, des obligations spécifiques de tri, de traçabilité et de registre s'appliquent. Renseignez-vous auprès de votre prestataire et des services compétents plutôt que de vous fier à un article généraliste.
Là où la pesée devient un suivi
Le piège classique est de faire l'inventaire une fois, de ranger le fichier, et de ne jamais le rejouer. Un an plus tard, personne ne retrouve le tonnage de départ et l'exercice recommence à zéro.
Doddee est le logiciel sur lequel une entreprise tient sa démarche RSE sans service dédié : il propose les actions, garde les preuves, et fait les calculs à partir de ce que vous saisissez une fois. Dans Doddee, le suivi des flux peut prendre la forme d'un registre : une ligne par objet suivi, chaque colonne étant un point de donnée. Un flux ou un site par ligne, avec sa masse, sa date d'enlèvement et son mode de traitement. Le type d'objet suivi « déchet » existe pour cela.
Ces lignes alimentent ensuite vos indicateurs sans que rien ne soit recopié ailleurs. Une entreprise crée ses propres indicateurs, en plus du catalogue Doddee, en « Saisie directe » ou « Calculé à partir de sources ». Un taux de valorisation se pose comme une formule du type A / B × 100, où A est la masse valorisée et B la masse totale, les variables étant mappées aux sources dans l'ordre choisi. Les points de données sources étant partageables entre plusieurs indicateurs, la masse totale saisie une fois sert aussi au calcul du taux de réduction. Le catalogue Doddee contient déjà les indicateurs « Déchets totaux tous flux », « Taux de valorisation des déchets des sites », « Taux de réduction des déchets vs année de référence » et « Part d'emballages recyclables », ainsi qu'un point de donnée « Déchets plastiques ».
Les actions qui en découlent rejoignent le plan d'actions, chacune avec son responsable, son échéance et ses justificatifs datés : le courrier au fournisseur, la fiche technique du nouvel emballage, le bon d'enlèvement. Le catalogue contient déjà les actions « Suivre les déchets générés par type de flux », « Mettre en œuvre un plan de prévention et de réduction des déchets » et « Afficher un étiquetage clair pour aider au tri des emballages ».
Le référentiel Doddee RSE est construit sur l'ISO 26000. Doddee n'est ni auditeur ni certificateur, ne délivre aucun label et n'attribue aucune note globale à une entreprise. Ce qui en sort, c'est un dossier tenu, celui que vous présentez quand un client demande vos chiffres, comme le décrit la page centraliser ses preuves RSE.
L'essai autonome ouvre un espace complet pendant 14 jours, sans carte bancaire : créer mon espace d'essai. Au terme des 14 jours, l'espace passe en lecture seule et l'activation est faite par l'équipe. Sinon, réservez une démo.
L'heure à bloquer cette semaine
Sortez vos douze derniers bordereaux d'enlèvement et notez trois nombres : le nombre de passages, le volume des contenants, et le tonnage si vous l'avez.
Puis allez voir votre zone de réception un matin de livraison et regardez ce qui part à la benne avant même d'être entré dans l'entreprise. C'est là que se trouve, presque toujours, le gisement que vous ne comptiez pas.
Ce que votre entreprise y gagne
- Réduction des coûts
- Image de marque
- Résilience
Ce que la société y gagne
- Réduction des déchets
- Réduction de la pollution
Sources
Directive (UE) 2024/825 du Parlement européen et du Conseil du 28 février 2024 en ce qui concerne les pratiques commerciales déloyales et une meilleure information des consommateurs, texte au Journal officiel de l'Union européenne.
DGCCRF, bilan des enquêtes 2023 et 2024 sur l'écoblanchiment, communiqué du 1er octobre 2025.
Code de l'environnement, hiérarchie des modes de traitement des déchets.
ISO 26000, lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale. Cadre de lignes directrices, non certifiable.
Crédits
Photo de Volodymyr Hryshchenko sur Unsplash




