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Délais de paiement : la ligne du questionnaire RSE que personne n'anticipe

Les règles tiennent en un tableau. Ce qui surprend, c'est de les retrouver dans un questionnaire RSE, à côté des déchets et du bilan carbone. Voici pourquoi, et les trois chiffres à tenir.

Doddee
Doddee
18 septembre 2026
Calendrier mensuel avec des punaises rouges et la date du 30 entourée
Dans cet article

Vous remplissez un questionnaire fournisseur pour un gros client. Entre une question sur vos déchets et une autre sur vos consommations d'énergie, une ligne demande votre délai de paiement moyen et le nombre de factures payées hors délai l'an dernier.

Personne ne s'y attendait, et personne n'a le chiffre. C'est pourtant l'une des rares lignes du questionnaire dont la réponse existe déjà, quelque part dans votre comptabilité. Voici les règles, les trois chiffres à tenir, et pourquoi ce sujet a quitté le bureau du comptable.

Pourquoi un sujet comptable atterrit dans un questionnaire RSE

Le rattachement n'a rien d'artificiel. L'ISO 26000, publiée en 2010, traite la loyauté des pratiques comme l'une de ses sept questions centrales, au même rang que l'environnement ou les conditions de travail. Les délais de paiement en sont l'illustration la plus directe.

La mécanique est simple et tout le monde la connaît de l'intérieur. Un retard de paiement ne crée pas de la trésorerie, il la déplace : il transfère une difficulté vers un fournisseur souvent plus petit, qui la répercute à son tour sur les siens. Une entreprise qui paie mal dégrade la santé financière de son écosystème tout en se déclarant attachée à ses partenaires.

C'est aussi devenu une question que vos clients posent. Dans la 3e édition du baromètre Achats responsables publiée en octobre 2025 par l'ORSE, Bpifrance et PwC France et Maghreb, 66 % des fournisseurs interrogés déclarent être sollicités souvent ou parfois par leurs clients sur les sujets environnementaux, sociaux ou éthiques. Les pratiques de paiement font partie du lot.

Si vous voulez situer votre démarche sur l'ensemble de ces sujets avant d'aller plus loin, le check-up RSE pose dix questions et dure cinq minutes, dans l'interface réelle du logiciel.

Le délai de paiement entre professionnels est le nombre de jours dont dispose un client pour régler une facture. Il est encadré par l'article L441-10 du code de commerce, qui fixe un plafond : un contrat peut raccourcir ce délai, jamais l'allonger.

SituationDélai maximalPoint de départCondition
Aucun délai convenu entre les parties30 joursRéception des marchandises ou exécution de la prestationS'applique par défaut, sans rien écrire
Délai convenu au contrat60 joursDate d'émission de la factureDoit être stipulé, et ne pas être abusif
Dérogation dite fin de mois45 jours fin de moisDate d'émission de la factureDoit être expressément stipulée au contrat
Facture périodique ou récapitulative45 joursDate d'émission de la factureRégime propre à ce type de facturation
Secteurs à délais encadrés, dont le transport routier de marchandisesPlus courtSelon le régime applicableS'impose de plein droit, quel que soit le contrat
Article L441-10 du code de commerce. Un contrat ne peut pas allonger ces délais, seulement les raccourcir.

Deux précisions qui évitent les désaccords.

Les 60 jours partent de l'émission de la facture, pas de sa réception. Une facture émise le 3 et reçue le 12 ne vous accorde pas neuf jours de plus. C'est l'erreur la plus fréquente, et elle se règle en réclamant les factures plus tôt, pas en décalant le point de départ.

« 45 jours fin de mois » n'a pas une seule interprétation. Deux méthodes de calcul coexistent : ajouter 45 jours à la fin du mois d'émission, ou ajouter 45 jours à la date d'émission puis se placer à la fin du mois obtenu. Elles ne donnent pas la même date. Votre contrat doit dire laquelle s'applique, sans quoi vous et votre fournisseur travaillerez sur deux échéances différentes.

Pénalités de retard et indemnité de 40 euros : ce qui court tout seul

Deux conséquences se déclenchent automatiquement, sans relance, sans mise en demeure, et même si vos conditions de vente n'en parlent pas.

Des pénalités de retard courent dès le jour suivant la date d'échéance, à un taux qui doit figurer dans vos conditions de vente. Et une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 euros, fixée par l'article D441-5 du code de commerce, est due pour chaque facture réglée en retard.

Quarante euros paraissent anecdotiques sur une facture. Sur deux cents factures payées avec quelques jours de retard dans l'année, le compte n'est plus le même, et un fournisseur en difficulté ou en fin de relation commerciale peut décider de les réclamer toutes d'un coup.

La sanction, et le vrai coût

L'article L441-16 du code de commerce prévoit une amende administrative pouvant atteindre 75 000 euros pour une personne physique et 2 millions d'euros pour une personne morale, montants doublés en cas de réitération dans un délai de deux ans.

Ce n'est pourtant pas le montant qui fait le plus peur aux entreprises concernées : la décision de sanction est publiée. Le nom apparaît, le manquement aussi. Pour une entreprise dont l'activité repose sur la confiance de ses partenaires et sur des appels d'offres, cette publicité coûte souvent davantage que l'amende.

Et si c'est vous qu'on paie en retard

L'article est écrit jusqu'ici du point de vue de celui qui paie. Beaucoup d'entreprises vivent la situation inverse : un client important qui étire ses règlements, et une relation commerciale qu'on n'a pas envie d'abîmer.

Trois choses valent la peine d'être sues.

Les plafonds de l'article L441-10 ne se négocient pas. Un client ne peut pas vous imposer 90 jours, même par écrit, même si vous avez signé : la clause est nulle et ne vous engage pas.

Les pénalités et l'indemnité de 40 euros vous sont dues de plein droit, sans que vous ayez à les réclamer au préalable. Beaucoup de fournisseurs ne les facturent jamais, par crainte de froisser. Les mentionner dans vos conditions de vente, même sans les appliquer systématiquement, change déjà la conversation.

Enfin, le Médiateur des entreprises peut être saisi gratuitement et de manière confidentielle en cas de différend. C'est une voie souvent ignorée, et conçue précisément pour les situations où l'on ne veut pas rompre la relation.

Ce que votre délai de paiement ne dit pas de vous

Trois nuances, à connaître avant d'afficher le chiffre où que ce soit.

Le délai affiché n'est pas le délai pratiqué

Un délai standard affiché à 30 jours ne prouve rien du tout. C'est une intention contractuelle, pas une pratique. L'écart entre le délai écrit et le délai réellement appliqué est précisément ce qu'un client avisé cherche à mesurer.

La moyenne cache le comportement

Un bon délai moyen peut masquer une pratique déplaisante : payer très vite les gros fournisseurs, qui savent se faire entendre, et laisser filer les petits, qui n'oseront pas relancer. La moyenne est alors excellente et le comportement mauvais. Ne regardez pas votre délai moyen, regardez vos dix pires retards de l'année et à qui ils sont arrivés.

Un retard est rarement une décision

Le plus souvent, c'est un circuit de validation qui coince : une facture qui attend un bon de réception, un valideur en congés, une commande sans référence. Ce sont des problèmes d'organisation, et ils se traitent comme tels.

Les trois chiffres à tenir, et rien de plus

IndicateurOù le trouverCe qu'il révèle
Délai de paiement standard accordé aux fournisseursVos conditions d'achat et vos contratsVotre intention, celle que vous affichez
Nombre de factures payées au-delà du délai légal maximalVotre comptabilité, sur l'année écouléeVotre pratique réelle
Procédures et litiges en cours liés à des retardsVotre suivi juridique ou votre expert-comptableLe point où l'écart est devenu un conflit
Trois chiffres, une fois par an. L'écart entre le premier et le deuxième est le seul qui se pilote.

Ces trois chiffres sont exactement ceux que le catalogue d'indicateurs Doddee porte sur le sujet. Ce n'est pas un hasard : ce sont ceux que les démarches d'achats responsables demandent, et ceux qu'un acheteur sait interpréter en dix secondes.

Un mot sur ce qui existe autour. Le label Relations fournisseurs et achats responsables, porté par le Médiateur des entreprises, reconnaît les organisations qui structurent ces pratiques. Doddee n'est ni auditeur ni certificateur et ne délivre aucun label : ce que vous construisez ici, c'est le dossier tenu qu'un tel dispositif vous demandera, l'organisme qui vous évalue faisant ensuite son propre travail.

Suivre ces chiffres au même endroit que le reste

Le problème d'un chiffre annuel isolé n'est pas de le calculer, c'est de le retrouver l'année suivante avec la même méthode, et de savoir ce qui a été fait entre-temps.

Doddee est le logiciel sur lequel une entreprise suit sa démarche RSE sans service dédié : les indicateurs attendus y sont déjà construits, et ce que vous en faites devient un dossier présentable. Dans Doddee, ces trois mesures sont des indicateurs comme les autres. Chacun porte son unité, sa fréquence et son objectif chiffré, et votre valeur se compare automatiquement à cet objectif. Un indicateur peut être saisi directement ou calculé à partir de points de données sources, avec une règle d'agrégation ou une formule de votre choix : si vous préférez suivre une part de factures hors délai plutôt qu'un nombre, vous le construisez.

Les pièces qui documentent la démarche, conditions d'achat révisées, note de procédure, compte rendu de la revue annuelle, se rattachent à l'action qu'elles prouvent : c'est le rôle des justificatifs. Le jour où la question revient dans un questionnaire, vous ne recalculez rien. C'est la même mécanique que pour répondre à un appel d'offres RSE.

Le sujet est particulièrement sensible dans les secteurs à délais encadrés : la page transport et logistique traite les spécificités de ces métiers.

Pour voir ce que cela donne sur vos propres chiffres, l'essai autonome ouvre un espace complet pendant 14 jours, sans carte bancaire : créer mon espace d'essai. Au terme des 14 jours, l'espace passe en lecture seule et l'activation est faite par l'équipe. Si vous préférez qu'on vous montre d'abord, réservez une démo.

La question à poser cette semaine

Demandez à votre comptable, ou à votre expert-comptable, une seule chose : combien de factures fournisseurs ont été payées au-delà de leur échéance l'an dernier, et quelle a été la plus longue.

Le premier chiffre vous dira où vous en êtes. Le second vous dira à qui vous devez un appel.

Ce que votre entreprise y gagne

  • Gouvernance
  • Compétitivité
  • Agilité

Ce que la société y gagne

  • Sensibilisation externe

Sources

Code de commerce, article L441-10 : délai supplétif de 30 jours, plafond conventionnel de 60 jours à compter de l'émission de la facture, dérogation à 45 jours fin de mois, pénalités de retard et indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.

Code de commerce, article D441-5 : montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, fixé à 40 euros.

Code de commerce, article L441-16 : amende administrative, plafonds et publication de la décision de sanction.

ISO 26000:2010, Lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale : la loyauté des pratiques figure parmi les sept questions centrales. Ce cadre n'est pas une norme certifiable.

ORSE, Bpifrance et PwC France et Maghreb, Baromètre Achats responsables, 3e édition, octobre 2025. Enquête menée auprès de fournisseurs entre janvier et mai 2025.

Crédits

Questions fréquentes

Les réponses courtes aux questions que l'on se pose le plus sur ce sujet.

Quel est le délai de paiement légal entre entreprises ?
À défaut de convention entre les parties, l'article L441-10 du code de commerce fixe le délai à 30 jours après la réception des marchandises ou l'exécution de la prestation. Si les parties conviennent d'un délai plus long, celui-ci ne peut pas dépasser 60 jours à compter de l'émission de la facture. Une seule dérogation existe, et elle doit être expressément stipulée au contrat : 45 jours fin de mois. Des délais plus courts s'appliquent de plein droit à certains secteurs, dont le transport routier de marchandises.
Quelle est la différence entre 60 jours et 45 jours fin de mois ?
Le point de départ et la méthode de calcul. Les 60 jours se comptent en jours calendaires depuis l'émission de la facture. Les 45 jours fin de mois se calculent autrement : soit on ajoute 45 jours à la fin du mois d'émission, soit on ajoute 45 jours à la date d'émission puis on va à la fin du mois obtenu. Les deux méthodes existent, elles ne donnent pas la même date, et le contrat doit dire laquelle s'applique. C'est une source classique de désaccord entre un client et son fournisseur.
Que se passe-t-il automatiquement en cas de retard de paiement ?
Deux choses, sans qu'aucune démarche ne soit nécessaire. Des pénalités de retard courent dès le jour suivant la date d'échéance, à un taux qui doit figurer dans vos conditions de vente. Et une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 euros est due pour chaque facture payée en retard. Ces deux éléments sont exigibles de plein droit : votre fournisseur n'a pas besoin de vous avoir relancé, et l'absence de mention dans vos conditions ne les supprime pas.
Les délais de paiement sont-ils vraiment un sujet RSE ?
Oui, et ce n'est pas un rattachement artificiel. L'ISO 26000 traite la loyauté des pratiques comme l'une de ses sept questions centrales, au même rang que l'environnement. La logique est simple : un retard de paiement transfère une difficulté de trésorerie vers un acteur souvent plus petit, qui la répercute à son tour. C'est pour cette raison que la question apparaît désormais dans les questionnaires fournisseurs et dans les démarches d'achats responsables.
Quelles sanctions en cas de dépassement répété ?
L'article L441-16 du code de commerce prévoit une amende administrative pouvant atteindre 75 000 euros pour une personne physique et 2 millions d'euros pour une personne morale, montants doublés en cas de réitération dans un délai de deux ans. Le point le plus dissuasif n'est pourtant pas le montant : la décision de sanction est publiée. Pour beaucoup d'entreprises, cette publication coûte plus cher que l'amende elle-même.
Comment savoir si on paie vraiment dans les temps ?
En le mesurant, pas en le supposant. Trois chiffres suffisent : le délai standard que vous accordez à vos fournisseurs selon vos contrats, le nombre de factures effectivement payées au-delà du délai légal maximal, et le nombre de litiges ou de procédures en cours liés à des retards. La plupart des entreprises découvrent un écart entre le premier chiffre, qui est leur intention, et le deuxième, qui est leur pratique. C'est cet écart, et lui seul, qui se pilote.

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