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Dialogue avec les parties prenantes : ne posez que les questions dont vous ferez quelque chose

Ouvrir un dialogue avec ses parties prenantes crée une dette : ce qui a été dit, il faudra en rendre compte. La règle qui évite l'effet boomerang, les quatre niveaux d'engagement et le premier dialogue à mener en un mois.

Doddee
Doddee
2 septembre 2025 · 8 min de lecture
Présentation devant une équipe, pour illustrer le dialogue avec les parties prenantes
Dans cet article

On vous a conseillé d'ouvrir un dialogue avec vos parties prenantes. Vous hésitez, et vous avez raison d'hésiter.

Le vrai risque n'est pas de ne rien demander. C'est de demander, de recevoir des réponses, et de ne rien en faire. Une consultation sans suite abîme davantage la confiance que le silence, parce qu'elle a créé une attente que vous ne tiendrez pas. Cet article donne la règle qui évite ce piège, les quatre niveaux d'engagement possibles, et un premier dialogue réalisable en un mois.

La règle en une phrase : ne posez que les questions dont vous ferez quelque chose

Chaque question posée à une partie prenante crée une dette. Elle vous engage à traiter la réponse, ou au minimum à dire publiquement pourquoi vous ne la traitez pas.

Le scénario que tout le monde connaît est toujours le même. Une enquête est lancée, quarante personnes répondent, dont une dizaine avec du fond. Les résultats sont présentés une fois en réunion. Six mois plus tard, rien n'a bougé, et la prochaine enquête obtient dix réponses. La consultation n'a pas échoué au moment du dépouillement : elle a échoué au moment où on a posé une question de trop.

Avant d'écrire votre premier questionnaire, faites donc le tri à l'envers. Listez ce que vous êtes réellement prêt à changer dans les douze mois, compte tenu de votre budget et de votre temps. Puis n'écrivez que les questions qui portent sur cette liste. Un questionnaire de six questions dont vous traiterez les six réponses vaut infiniment mieux qu'un questionnaire de trente dont vous traiterez deux.

Qu'est-ce que le dialogue avec les parties prenantes ?

Le dialogue avec les parties prenantes est l'ensemble des échanges organisés entre une entreprise et ceux que ses activités concernent, dans le but d'éclairer ses décisions. L'ISO 26000, le cadre de lignes directrices sur la responsabilité sociétale, en fait l'une des pratiques centrales de la démarche.

Deux confusions à écarter tout de suite. Le dialogue n'est pas de la communication : communiquer, c'est transmettre un message décidé ailleurs, dialoguer, c'est accepter que la décision change. Et le dialogue n'est pas un sondage de satisfaction : on ne demande pas si les gens sont contents, on demande ce qu'ils voient que vous ne voyez pas.

Si vous ne savez pas encore avec qui l'ouvrir, commencez par la cartographie de vos parties prenantes : elle sert précisément à trier. Et si vous ne savez pas encore de quoi parler, le check-up RSE prend 10 questions et 5 minutes, dans l'interface réelle du logiciel, et fait remonter les sujets sur lesquels vous avez le plus à apprendre.

Les quatre niveaux, et ce que chacun vous engage à rendre

Le mot dialogue recouvre quatre pratiques très différentes. Elles ne coûtent pas la même chose et n'engagent pas au même point. Choisir le niveau, c'est déjà la moitié du travail.

NiveauCe que vous demandezCe que vous vous engagez à rendreQuand c'est le bon niveau
InformerRien. Vous transmettez.Une information exacte et datée, rien de plusUne décision est prise et ne changera pas
ConsulterUn avis, par questionnaire ou entretienUne restitution de ce qui est ressorti, et ce que vous en faitesVous hésitez entre des options que vous avez déjà en tête
ConcerterUn travail en commun sur les optionsUne réponse argumentée sur chaque option écartéeLe sujet touche plusieurs intérêts contradictoires
Co-construireUne décision partagéeDe laisser la décision vous échapper en partieVous n'avez pas la solution et l'autre partie la détient
Le niveau se choisit avant d'envoyer le premier message, jamais après. Annoncer consulter puis se comporter comme si on informait est la façon la plus rapide de perdre un interlocuteur.

La majorité des premières démarches gagne à rester au niveau consulter. Il est peu coûteux, il produit du matériau utile, et la dette qu'il crée reste tenable : une restitution honnête suffit à l'acquitter.

Pourquoi dialoguer avec ses parties prenantes ?

Pour trois raisons qui se constatent, et une qui arrive de l'extérieur. Vous voyez des problèmes avant qu'ils ne deviennent des crises. Vous évitez de vous tromper de priorité, ce qui coûte plus cher qu'une consultation. Vous impliquez des gens qui appliqueront ensuite les décisions sans qu'on ait à les convaincre. Et, désormais, on vous le demande.

Cette dernière raison ne vient plus seulement d'une bonne intention interne. Dans la 3e édition du baromètre Achats responsables publiée en octobre 2025 par l'ORSE, Bpifrance et PwC France et Maghreb, 66 % des fournisseurs interrogés déclarent être sollicités souvent ou parfois par leurs clients sur les sujets environnementaux, sociaux ou éthiques, et 41 % le sont pendant la phase d'appel d'offres. Un donneur d'ordre qui vous demande comment vous associez vos salariés à votre démarche attend une réponse factuelle, pas une intention.

Le même baromètre indique que 88 % des répondants ne reçoivent aucun accompagnement de leurs clients pour répondre à ces demandes. Personne ne viendra structurer le dialogue à votre place.

Côté interne, le terrain est plus favorable qu'on ne le croit. Selon le 7e baromètre de perception de la RSE en entreprise publié en 2025 par le MEDEF et Vérian, 79 % des salariés français déclarent que la RSE est un sujet important pour eux au sein de leur entreprise. Le premier dialogue est donc rarement celui qui coûte le plus cher : c'est celui que vous pouvez ouvrir lundi, avec les gens qui sont déjà là.

Comment mener un premier dialogue en un mois ?

Semaine 1 : décidez ce que vous êtes prêt à changer

Une réunion d'une heure, avec la direction. Listez trois à cinq sujets sur lesquels une décision est encore ouverte. Écrivez à côté de chacun ce que vous pouvez y consacrer : un budget, des heures, un changement d'organisation. Un sujet sans moyen ne va pas dans le questionnaire.

Semaine 2 : posez six questions à un seul groupe

Choisissez un groupe, un seul. Vos salariés, ou vos dix premiers clients, ou vos cinq principaux fournisseurs. Six questions ouvertes, cinq minutes à remplir. La question qui rapporte le plus est presque toujours la même : qu'est-ce que nous faisons aujourd'hui qui vous pose un problème et dont nous ne parlons jamais ?

Semaine 3 : dépouillez en cherchant les désaccords

Ne comptez pas les satisfaits. Cherchez les réponses qui contredisent ce que vous croyiez savoir, et les sujets cités par plusieurs personnes qui ne figuraient pas dans votre liste de départ. Ce sont les seuls résultats qui valent le temps que vous y avez passé.

Semaine 4 : rendez compte, y compris de ce que vous ne ferez pas

Une page, envoyée à tous ceux qui ont répondu. Trois parties : ce qui est ressorti, ce que nous engageons avec qui et pour quand, ce que nous ne ferons pas et pourquoi. La troisième partie est celle qui fait la crédibilité de l'ensemble. Une entreprise qui dit non avec une raison est plus crédible qu'une entreprise qui dit oui à tout.

Ce que le dialogue ne fait pas

Il ne remplace pas la décision. Vous restez responsable de l'arbitrage, et prétendre le contraire pour éviter d'assumer un refus se voit immédiatement.

Il ne rend pas légitime une action qui n'existe pas. Avoir consulté ne vaut pas avoir agi, et présenter une consultation comme un résultat est exactement le genre d'affirmation qu'une pièce doit soutenir, comme le rappelle notre page anti-greenwashing.

Il ne se mesure pas au nombre de réunions. Une entreprise qui tient un échange sérieux par an avec un groupe et en rend compte fait mieux que celle qui organise six ateliers sans restitution.

Tracer ce qui s'est dit, sinon cela n'a pas eu lieu

Six mois après, personne ne se souvient de qui avait proposé quoi. C'est le point où la plupart des démarches se perdent, et c'est le seul endroit où un outil change vraiment quelque chose.

Doddee est le logiciel de pilotage RSE des entreprises qui avancent sans service dédié : ce que vous décidez de faire y devient une ligne suivie, pas une note de réunion. Dans Doddee, chaque sujet remonté du dialogue devient une action du plan d'actions, avec un responsable désigné et une échéance, et les pièces qui la documentent lui restent rattachées, avec leur date. Les utilisateurs sont illimités, donc la personne qui a animé l'atelier tient ses propres lignes sans passer par un intermédiaire.

Ce que vous avez annoncé en restitution peut être formalisé en engagement, rattaché à l'enjeu qu'il concerne, avec une valeur de départ, une cible chiffrée, une date et une périodicité de revue. Un champ « Parties prenantes » y note qui est concerné. Un engagement porte un statut, de « Brouillon » à « Actif », « Atteint », « Manqué », « Révisé » ou « Abandonné » : dire qu'un engagement a été révisé, avec sa raison, vaut mieux que de le laisser disparaître.

Le suivi du dialogue lui-même se chiffre au même endroit. Une entreprise crée ses propres indicateurs, en plus du catalogue Doddee, en « Saisie directe » ou « Calculé à partir de sources ». Un taux de participation se pose comme une formule du type A / B × 100 dont les variables sont mappées aux sources dans l'ordre choisi : les réponses reçues d'un côté, les personnes sollicitées de l'autre. L'indicateur porte son unité, sa fréquence, mensuelle, trimestrielle, semestrielle ou annuelle, et son objectif à atteindre. Les points de données sources étant partageables entre plusieurs indicateurs, l'effectif saisi une fois sert aussi ailleurs. Le catalogue Doddee contient d'ailleurs déjà un indicateur « Taux de participation à l'enquête de satisfaction salariés » : si votre premier dialogue est interne, vous n'avez rien à construire.

Le référentiel Doddee RSE est construit sur l'ISO 26000. Doddee n'est ni auditeur ni certificateur, ne délivre aucun label et n'attribue aucune note globale à une entreprise. Ce que vous en sortez, c'est un dossier tenu, utile le jour où un client demande comment vous associez vos parties prenantes, comme le décrit la page valoriser ses engagements RSE.

Pour situer votre démarche avant de vous lancer, le check-up RSE prend 10 questions et 5 minutes. Pour voir le suivi sur vos propres sujets, l'essai autonome ouvre un espace complet pendant 14 jours, sans carte bancaire : créer mon espace d'essai. Au terme des 14 jours, l'espace passe en lecture seule et l'activation est faite par l'équipe. Sinon, réservez une démo.

La question à poser avant d'envoyer votre questionnaire

Relisez vos questions une par une et, pour chacune, répondez à voix haute : si la réponse est celle que je redoute, qu'est-ce que je fais ?

Toute question pour laquelle vous n'avez pas de réponse à cette question-là sort du questionnaire.

Ce que votre entreprise y gagne

  • Gouvernance
  • Anticipation réglementaire
  • Culture d'entreprise

Ce que la société y gagne

  • Éducation et sensibilisation
  • Développement local
  • Engagement communautaire

Sources

ORSE, Bpifrance et PwC France et Maghreb, Baromètre Achats responsables, 3e édition, « La RSE dans la relation client-fournisseur », octobre 2025. Enquête menée auprès de fournisseurs entre janvier et mai 2025.

MEDEF et Vérian, 7e baromètre de perception de la RSE en entreprise, 2025.

ISO 26000, lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale. Cadre de lignes directrices, non certifiable.

Crédits

Photo de SEO Galaxy sur Unsplash

Questions fréquentes

Les réponses courtes aux questions que l'on se pose le plus sur ce sujet.

Pourquoi dialoguer avec ses parties prenantes ?
Pour trois raisons mesurables. Vous voyez des problèmes avant qu'ils ne deviennent des crises, parce que ceux qui subissent vos pratiques les repèrent avant vous. Vous réduisez le risque de vous tromper de priorité, ce qui coûte plus cher qu'une consultation. Et vous produisez une réponse factuelle à une question désormais courante dans les questionnaires clients et les appels d'offres. Le dialogue n'est pas un supplément d'âme, c'est un moyen d'éviter des décisions coûteuses prises à l'aveugle.
Par où commencer quand on n'a jamais rien fait ?
Par un seul groupe et six questions. Vos salariés sont presque toujours le bon premier groupe : ils sont accessibles, ils connaissent le terrain, et l'exercice ne vous expose pas vis-à-vis de l'extérieur pendant que vous apprenez. Fixez le rendez-vous de restitution avant d'envoyer le questionnaire, sinon il n'aura pas lieu. Comptez un mois du départ à la restitution, et une demi-journée de travail effectif au total.
Faut-il répondre à toutes les demandes qui remontent ?
Non, et c'est même une erreur de le laisser croire. Ce que vous devez à ceux qui ont répondu, c'est un traitement explicite, pas un accord. Classez les demandes en trois tas : ce que nous engageons, avec qui et pour quand ; ce que nous examinerons plus tard, en disant quand ; ce que nous ne ferons pas, en disant pourquoi. Le troisième tas doit exister. Une restitution où tout est accepté n'est pas crue.
Combien coûte un dialogue avec ses parties prenantes ?
Un premier cycle de consultation interne ne coûte que du temps : comptez une demi-journée cumulée pour la préparation, le dépouillement et la restitution, plus cinq minutes par répondant. Le coût monte quand vous passez à la concertation avec des acteurs externes aux intérêts opposés, parce qu'il faut alors un animateur qui ne soit pas juge et partie. Réservez cette dépense aux sujets où un blocage vous coûterait plus cher que l'animation.
Comment prouver que le dialogue a bien eu lieu ?
Par des pièces datées, comme pour le reste. Le questionnaire envoyé, la liste des personnes sollicitées, le compte rendu de la restitution, et les actions décidées avec leur responsable et leur échéance. C'est cet ensemble qui répond à un client qui vous interroge sur votre gouvernance, et non l'affirmation que vous écoutez vos équipes. Rattachez ces pièces aux actions qu'elles documentent plutôt que de les laisser dans une boîte mail.
Quels indicateurs suivre pour un dialogue avec les parties prenantes ?
Trois suffisent et se calculent sans outil compliqué. Le taux de participation, soit les réponses reçues rapportées aux personnes sollicitées. La part des sujets remontés qui ont donné lieu à une action engagée, mesurée un an après. Et le délai entre la fin de la consultation et l'envoi de la restitution, qui est le meilleur indicateur avancé du sérieux de la démarche. Fixez un objectif chiffré sur chacun, sinon ils ne serviront qu'à décrire.

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